« Il est important que la Normandie ait une voix pour s'exprimer. Mon projet est celui d'une vision normande de l'information pour ce titre à la longue histoire », a déclaré Xavier Ellie, propriétaire de Paris-Normandie, à la suite de la décision du tribunal de commerce de Rouen de valider son plan de continuation pour l'entreprise en redressement judiciaire depuis avril 2016. Le tribunal donne ainsi raison à la solution portée par le dirigeant face à celle du groupe de presse belge Rossel. Une offre pourtant favorite encore récemment, et soutenue par une partie de la rédaction et des cadres du journal.
Rossel perd le match
Le groupe Rossel proposait 2 millions d'euros pour apurer le passif et 3 millions d'euros pour investir, avec la suppression de 39 postes techniques. « Ce qui a retenu le tribunal, c'est notre souhait que la dette abonnés nous soit transférée », a estimé l'avocat du groupe Rossel, à la sortie du tribunal, précisant ne pas savoir « pour l'instant » si le groupe Rossel ferait d'autres recours à la décision du tribunal. De son côté, le plan de continuation proposé par Xavier Ellie prévoit la suppression d'une trentaine de postes techniques et l'apport de 750 000 euros avec la possibilité d'une ouverture du capital. Un plan qui a amené une partie des journalistes de la rédaction à faire grève le 10 mars dernier face à ce qu'ils considèrent comme : « Une menace pour l'avenir du journal ».
Les syndicats satisfaits
Alors qu'une partie des salariés avait porté une troisième option de reprise sous forme de SCIC, avec la Filpac CGT, non retenue par le tribunal faute de financements, la validation du plan de continuation de Xavier Ellie est accueillie comme un moindre mal, explique Jessy Levy, avocate des salariés : « C'est la solution la moins violente à défaut de mettre en place la SCIC ». Un plan sur lequel les salariés veulent rester très vigilants, prévient Véronique Christol, secrétaire du comité d'entreprise : « La SCIC aurait été la meilleure solution, surtout face à Rossel qui prévoyait près d'une quarantaine de licenciements. Maintenant, il reste à négocier le PSE. Nous voulons une remise à plat de ce PSE et pas de licenciements secs ». Les représentants syndicaux ont aussi voulu se montrer confiants dans la démarche de Xavier Ellie, estimant : « Il a toujours tenu ses promesses jusqu'ici » mais rappelant : « Qu'il a donné son accord pour renégocier le PSE ». Un point non contesté par le dirigeant à sa sortie du tribunal : « La négociation est permanente. Et elle peut porter sur le quantum, les modalités, sur tout », et rappelant : « Je tiens mes promesses ».
Une stratégie numérique
Si Xavier Ellie a annoncé l'arrivée de nouveaux investisseurs pour 750 000 euros, le montage financier reste flou à l'heure actuelle même si des noms ont circulé comme ceux du groupe Partouche, du groupe industriel Arcole ou encore d'un ancien de VSD, Jean-Pierre Canat. S'il n'entre pas dans les détails, le dirigeant de Paris-Normandie affirme : « Ne pas avoir d'inquiétudes sur le financement », et parle d'un groupe d'investisseurs. De nouveaux moyens grâce auxquels Xavier Ellie souhaite renforcer le virage digital de Paris-Normandie : « Une étape primordiale », déclare-t-il, pour laquelle il veut aller vite : « Nous ne sommes plus seulement un journal mais un multimédia. Tout l'enjeu, est de pouvoir s'adapter rapidement ».