Paris-Normandie : La LNPN à l'heure du verdict

Paris-Normandie : La LNPN à l'heure du verdict

La Ligne Nouvelle Paris Normandie joue son avenir! La commission Mobilité 21 présidée par Philippe Duron doit rendre ce mois-ci ces arbitrages sur les projets d'infrastructures retenus par l'Etat. Les nouvelles études menées par RFF font consensus en région.

Sauf revirement inattendu, la commission Mobilité 21 chargée par le ministère des Transports de hiérarchiser les projets d'infrastructure inscrits au SNIT (Schéma national des infrastructures de transport), doit rendre ses arbitrages mi-juin. Présidée par le député-maire de Caen Philippe Duron (PS), son mandat consiste à faire le tri parmi une soixantaine de dossiers, concernant notamment des aménagements ferroviaires, identifiés sous le précédent gouvernement. Une pile dans laquelle se retrouve le projet de Ligne Nouvelle Paris Normandie (LNPN), sans que l'on sache véritablement à ce jour à quel niveau il se situe !




Une facture à 8 milliards

Pour ses promoteurs haut-normands, au premier rang desquels on trouve le président de la Région Alain Le Vern ainsi que le président du Ceser (Conseil économique, social et environnemental régional) Gérard Lissot, à quelques semaines du verdict l'optimisme était toujours de rigueur. Et pour cause : si l'enveloppe de près de 12 milliards d'euros chiffrée par RFF lors du Débat Public plombait à coup sûr le dossier, de nouvelles études menées à la demande du ministre Frédéric Cuvillier ont semble-t-il permis à l'opérateur, en concertation avec les collectivités concernées, de se recentrer sur l'essentiel : décongestionner les accès à l'Ile-de-France (le Mantois) et fluidifier le « noeud rouennais » pour une facture globale estimée à 8 milliards d'euros à l'horizon 2030. « Le projet de LNPN était à l'origine un projet de ligne à grande vitesse qui s'inscrivait dans le développement de l'axe Seine », rappelle Gérard Lissot. Mais aujourd'hui, la situation des finances publiques nécessite « du réalisme et du pragmatisme », plaide l'ancien président de Normandie AéroEspace qui se félicite du travail effectué par RFF : « ce qu'ils ont fait va dans le bon sens. C'est une solution de compromis plus que satisfaisante ! »




Mise en service en 2025

Concrètement, RFF confirme qu'une nouvelle gare rouennaise située à Saint-Sever « est prioritaire et nécessaire », tout comme l'est le contournement de Mantes. Les deux chantiers seront donc intégrés dans le phasage intermédiaire à horizon 2025 avec pour seul objectif les réductions de temps de parcours : pour un Le Havre-Paris en heure de pointe réalisé en 2 h 10 en 2013, RFF annonce 1 h 42 en 2025 et même 1 h 27 d'ici 2030, soit 48mn pour un Rouen-Paris à cette même échéance, contre 1 h 14 en moyenne actuellement. Autre atout du projet de LNPN, la libération de sillons sur la ligne existante au profit du fret et notamment « des trafics conteneurisés transitant par les ports maritimes », note le gestionnaire du réseau. Une situation déjà anticipée avec le chantier en cours de terminal multimodal au Havre (lire page ?) qui prendra dès lors tout son sens. Désormais, « il faut passer à la prochaine séquence », estime Alain Le Vern, tant sur le fret avec la ligne Serqueux-Gisors que sur la desserte des aéroports parisiens, « prévue mais pas encore étudiée dans le détail ». Quant au financement de l'ensemble, « les choses sont claires », lâche le président de région : « on a fini de bavarder et on a fait des choix. Les collectivités seront contributrices ». Pour la collectivité régionale, l'apport sera de 200 M€ d'ici 2019, date de démarrage attendu du chantier. « La Codah (agglomération du Havre) et la Crea sont dans les mêmes dispositions », affirme l'élu. Frédéric Sanchez confirme : « je vais proposer aux élus de la Crea en juin d'engager dans le budget 2014 un dispositif de provisionnement », même si cela a pour conséquence « d'étaler d'autres projets dans le temps », sans plus de précision. Quoi qu'il en soit, « la Crea sera au rendez-vous sur le plan financier ». Et l'Europe aussi, si l'on en croit le président de région qui milite en ce sens au sein du C8, le regroupement des régions du Nord-Ouest qui dialogue avec l'Union Européenne pour un raccordement des ports français au réseau transeuropéen (RTE-T).



Guillaume Ducable