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Palmarès Les villes les plus dynamiques
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Palmarès Les villes les plus dynamiques

Quelles sont les agglomérations françaises qui attirent le plus, qui créent le plus d'emplois, qui se développent ? Le palmarès 2012 des agglomérations les plus dynamiques, établi par le Journal des entreprises, positionne Lyon à la5e place.

Nos métropoles doivent-elles encore rougir face aux grandes villes allemandes, espagnoles ou britanniques ? C'est vrai : Bordeaux n'est pas Francfort, Lille ne joue pas encore dans la même cour que Barcelone. Mais en deux décennies, nos villes ont su mobiliser leurs énergies et changer leurs visages. Rénovations urbaines, émergence de quartiers d'affaires... Toutes ont tenté avec plus ou moins de succès de quitter leurs habits de villes provinciales endormies pour endosser ceux de métropoles de rang européen. Aujourd'hui, plus d'un Français sur trois vit dans une des 30 agglomérations de plus de 200.000 habitants. Elles concentrent les centres de décision de leurs régions, irriguent l'économie locale au-delà de leurs propres frontières, attirent à elles les investissements privés et les projets structurants publics ou publics-privés.




Toulouse et Montpellier

Présent dans la plupart de ces grandes villes, observateur de leur développement économique, le Journal des entreprises a cherché à faire émerger celles d'entre elles qui connaissent le développement le plus fort et le plus harmonieux. Un exercice forcément délicat. D'où l'importance de se baser sur des critères particulièrement objectifs et des indicateurs de moyen et long termes (voir page suivante). Quelles sont ces agglomérations qui ont la croissance la plus forte, qui créent de l'emploi, qui sont un terreau de créateurs d'entreprise ? Sans surprise, ce sont les grandes villes de l'arc littoral Ouest-Sud-Ouest-Sud-Est qui monopolisent les premières places de notre classement : Toulouse, Montpellier, Rennes et Nantes. L'atout commun de ces quatre agglomérations : leur situation géographique. Le soleil pour Toulouse et Montpellier, la qualité de vie pour Nantes et Rennes. Si elles ont été les plus dynamiques durant la dernière décennie, c'est tout simplement parce qu'elles ont su créer de l'emploi. Le seul exemple de Toulouse est éloquent : à peine de plus de 300.000 emplois dans l'agglomération en 1999, près de 100.000 de plus dix ans plus tard ! Toulouse gagne 160 habitants par semaine depuis dix ans. Soit un immeuble de 50 à 60 appartements ! Alors que Le Havre perd près de 30 habitants chaque semaine.




Deux fractures

Attention, ce dynamisme économique ne s'accompagne pas toujours d'un dynamisme démographique. Dans notre classement, sur la dernière décennie, seules cinq agglomérations ont profité d'une expansion démographique plus forte que la moyenne française : Bordeaux, Montpellier, Nîmes, Rennes et Toulouse. Les autres sont en-dessous de la moyenne, voire ont perdu de la population. À cela, une explication : la santé économique des grandes villes profite souvent plus à leur grande périphérie qu'à leur propre périmètre (lire l'interview ci-dessous). Accessibilité ferroviaire et aéroportuaire, mise en réseau des entreprises innovantes, pôles de compétitivité, émergence de filières fortes : les agglomérations porteuses, leurs acteurs économiques et leurs élus ont toutes su actionner la plupart de ces leviers. Au-delà de ces constats, notre classement dessine deux fractures. La première entre les grandes métropoles et les agglomérations moyennes. Douze des quinze dernières villes de ce palmarès ont moins de 300.000 habitants alors que dix des quinze premières en comptent plus de 400.000.Les moteurs du développement sont clairement moins dynamiques au Mans, à Dijon et à Caen qu'à Montpellier et Lille. Seconde fracture : entre l'arc Rennes-Nantes-Bordeaux-Toulouse-Montpellier et les agglomérations du Nord et de l'Est de l'Hexagone. «Les grandes villes de l'Ouest bénéficient d'un développement global très harmonieux», note Olivier Portier, analyste territorial. «Elles associent dynamisme productif et économie résidentielle forte grâce à leur qualité de vie et leur attractivité.»




Lille en pointe

Mais le destin économique d'un territoire s'écrit en permanence. Si les agglomérations de l'Ouest ont été dans les années 50 à 70 en période de «rattrapage», celles du Nord, et de l'Est cherchent aujourd'hui à réorienter leur développement économique, dépendant pendant des lustres de l'industrie lourde. Un exemple fort dans le Nord : celui de Lille, qui pointe à la dixième place de notre classement, devant Strasbourg ou Grenoble. Elle est aujourd'hui une ville de diplômés et de cadres, son PIB par habitant flirte avec celui de Lyon. Plus au Sud, Saint-Étienne, en pleine mutation, s'est engagée en 2010 dans une démarche «Attractivité» pour redynamiser son image, axée prioritairement sur le design (avec la cité du design) et ses forces industrielles (technologies médicales, optique, mécanique...). Les voies choisies, ce sont celles de l'innovation et de la collaboration avec Lyon et Grenoble, à travers le pôle métropolitain. Et celle du refus de la fatalité.

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