Haute-Loire
"Pagès veut atteindre les 50 millions d’euros de chiffre d’affaires entre 2028 et 2030"
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Thomas Auriau directeur général de Pagès "Pagès veut atteindre les 50 millions d’euros de chiffre d’affaires entre 2028 et 2030"

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Fabricant de thés et infusions, la maison Pagès a inauguré une nouvelle ligne de production à Espaly-St-Marcel, près du Puy-en-Velay. Un investissement de 4 millions d’euros qui permettra à la PME de Haute-Loire d’augmenter ses capacités. Et d’autres investissements sont prévus. L’entreprise espère prochainement franchir le cap des 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Entretien avec Thomas Auriau, DG de Pagès.

Thomas Auriau, directeur général depuis 2020 de la maison Pagès — Photo : DR

Maison Pagès vient d’inaugurer une nouvelle ligne de production. À quoi va servir cet investissement de 4 millions d’euros ?

Nous avons décidé de pousser l’organisation de nos lignes de production pour intégrer deux nouvelles machines hyperperformantes dites high speed. Ces machines, qui représentent un investissement de 4 millions d’euros, viennent s’ajouter à la trentaine de machines que compte notre parc. Elles vont nous permettre de gagner 10 % de capacités de production de thés et infusions supplémentaires. Elles marquent le démarrage d’une nouvelle ligne de production amenée à grandir dans le futur. Ce n’est que le début d’une nouvelle aventure puisqu’une ligne complète c’est en moyenne cinq machines. Il y aura donc une suite.

Vous parlez de nouvelle aventure. Ces machines vont-elles être dédiées à une typologie précise de produits ? Peut-être un marché sur lequel vous n’étiez pas encore positionné ?

Ces deux nouvelles machines vont surtout nous permettre de répondre à nos besoins sur nos produits à marque distributeur dont les ventes se sont envolées et en particulier sur les thés et infusions. Au global, entre 2020 et 2024, nos volumes ont augmenté de 35 % et nos capacités de production commençaient vraiment à être saturées.

"Au global, nous avons investi 8 millions d’euros sur les 4 dernières années pour augmenter nos capacités de production."

En 2022 et 2024, nous avions déjà investi dans deux machines car nous avions déjà ce souci de capacité. Mais on n’a simplement remplacé des machines qui étaient vieillissantes par des machines modernes. Ces deux premières machines nous ont fait gagner un peu moins de 10% de capacité en plus. Nous avons donc été contraints pour répondre à la demande de nos clients d’adopter une organisation inédite pour l’entreprise en passant du 2X8 ou 3X8 pendant une quinzaine de semaines. Ce n’était pas dans la culture de l’entreprise. Nos collaborateurs ont répondu présents mais nous avions besoin de retrouver de la sérénité. Ce nouvel investissement va nous permettre d’y arriver. Au global, nous avons investi 8 millions d’euros sur les 4 dernières années pour augmenter nos capacités de production et créer 15 emplois supplémentaires.

La maison Pagès est spécialisée dans la fabrication de thés et infusions — Photo : LB PHOTOGRAPHE - Laurence Barruel

Quels sont vos objectifs a plus long terme ?

Tout simplement livrer nos clients. Quand vous avez un outil saturé, vous avez beau travailler les nuits, recruter du monde… Tout devient compliqué. Cet investissement va nous permettre d’organiser sereinement notre production, d’arrêter des machines pour faire des maintenances, remplacer des couteaux, réparer des pannes électriques, faire des réglages. Ce que nous n’étions plus en mesure de faire. Le but de cet investissement était vraiment de nous remettre à niveau par rapport à la demande. Nous avons été mis devant le fait accompli d’une croissance des volumes que l’on n’avait jamais vécu par le passé. Suite au Covid, à la guerre en Ukraine et surtout à l’inflation, les consommateurs ont revu leurs priorités, arbitré leurs dépenses en achetant beaucoup plus de thés et infusions de MDD (marque de distributeur, NDLR).

Quid de votre marque propre Pagès ?

Elle est au cœur de notre stratégie de développement. La marque Pagès ne pèse pour l’heure que 20 % des 41 millions d’euros de chiffre d’affaires que nous avons réalisés en 2024 avec 112 salariés, dont 100 ici en Haute-Loire et une douzaine de commerciaux, qui visitent les supermarchés et hypermarchés pour placer la marque Pagès. La GMS (grande et moyenne surface, NDLR) représente 85 % de notre chiffre d’affaires. Le reste ce sont les réseaux spécialisés : magasins bio, jardineries, pharmacies. L’objectif, c’est d’atteindre les 50 millions d’euros de chiffre d’affaires entre 2028 et 2030, majoritairement tirer par la marque Pagès. Sans pour autant oublier la MDD où nous avons encore de belles marges de progression.

Avez-vous des projets de diversifications en matière de produits ou de marchés pour atteindre cet objectif de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires ?

Aucun projet à vous communiquer pour l’instant (rires). Cette année on devrait terminer à 43 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les 50 millions d’euros ne sont pas loin ! Quand j’ai pris la direction de l’entreprise il y a 5 ans, Pagès pesait 27 millions d’euros. Nous sommes donc sur une belle dynamique. Oui, nous avons des projets de diversifications, mais ils ne sont pas inclus dans la stratégie menant à cet objectif de 50 millions d’euros.

Quid des futurs investissements ?

Il y aura une suite avec de nouveaux investissements mais il est trop tôt pour en parler. Nous avons différents scenarii que nous étudierons cet hiver pour l’été prochain.

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