Les objectifs sont ambitieux. Pack up vise 10 M€ de chiffre d'affaires et 50 personnes en 2017, contre 5,8 M€ et 35 personnes avec un résultat net de 330.000 € actuellement. Bien qu'affiché tout au long du match de rugby opposant le FCG à Clermont-Ferrand en février, ce nom de Pack up n'est pas encore connu. C'est la nouvelle dénomination de Condi Rhône-Alpes. « Notre ancien nom était vieillot, ne correspondait pas à notre activité, nous ne faisons pas de conditionnement, et ne reflétait pas notre état d'esprit de start-up en industrie », affirme Patrick Martin, le dirigeant. Cette société basée à Saint-Étienne-de-Crossey (38) est spécialisée dans la conception et la fabrication d'emballages techniques destinés à la protection de produits fragiles expédiés dans le monde entier. « Un changement de nom est exceptionnel, reconnaît Patrick Martin. Mais il nous fallait supprimer cette référence à Rhône-Alpes, qui était un frein plus qu'un accélérateur pour notre développement national. » La société implante en effet un bureau commercial à Paris, avant un site logistique et de production. « Nous souhaitons être proches de nos clients. Si nous intervenions jusque-là sur un grand quart Sud-Est de la France, nous développons maintenant notre rayonnement au national et à l'international, notamment sur la Suisse, la Tunisie, l'Italie et la Belgique. » En trois ans, ce site parisien devrait générer 1,5 M€ de chiffre d'affaires à lui seul, avec six personnes, pour un investissement de 400.000 €.
La diversification par le jeu
L'implantation parisienne devrait s'accompagner de développements techniques, comme la transformation de mousse pour « être présent sur les marchés de l'aéronautique, du luxe et du très technique, explique Patrick Martin. Nous fabriquons déjà du sur-mesure pour 85 % de nos commandes, pour des petites et moyennes séries, allant de l'exemplaire unique jusqu'à 500.000 emballages. Actuellement notre technique, c'est la découpe, que ce soit au fil, à la scie, à la presse ou au jet d'eau. La transformation de mousse impliquerait d'investir dans de nouvelles machines. La réflexion est en cours... » Le troisième axe de développement de Pack up n'est ni géographique ni technique mais repose sur la diversification. « Nous sommes sur une niche, l'emballage industriel, avec une technique de découpe de mousse. Nous nous sommes demandés à quel autre secteur l'appliquer. » Et ce sont les jeux pour enfants qui sont apparus ! « Nous avons conçu des jeux pour les 0-4 ans développant leur psychomotricité », explique le dirigeant, lui-même papa. La marque déposée Mom propose ainsi des cubes, des chevaux à bascule et autres déclinaisons colorées. « Les prototypes sont ok, les tests sont ok ! Nous maîtrisons la réglementation européenne du jouet et nous avons fait appel à un designer spécialisé. Finalement, c'est assez proche de l'emballage, c'est de la chimie avec des normes sur l'arrachement, le basculement, etc. ! La vraie difficulté, c'est la distribution. » Pack up se positionne sur le jouet haut de gamme et design. Elle introduit sa marque d'abord auprès des collectivités, crèches et maternelles, puis cherche des distributeurs grand public.
Pas de prévisionnel
Patrick Martin avoue ne pas avoir établi de business plan. « L'investissement est faible, de l'ordre de 20.000 € pour la communication et les tests. Le premier prévisionnel se fera après l'année de lancement, quand nous aurons les premiers retours. Nous commercialisons pendant un an puis nous ferons le point. Ce lancement est un pari, mais je crois en son potentiel. Nous avons déjà beaucoup d'idées de déclinaisons et de gammes autour du jeu et de la psychomotricité. À terme, cela pourrait mener à la création d'une filiale. » En attendant le succès de Mom, Pack up finalise la rénovation de ses locaux pour avril prochain, avec « 7.000 m² très colorés en open space industriel ».
Pack up
(Saint-Étienne-de-Crossey - 38) Dir. : Patrick Martin 35 personnes CA 2013 : 5,8 M€ 04 76 66 85 40 www.packup.fr