Pour Bernard Bénitez, secrétaire régional Paca de la Banque de France, le diagnostic ne fait aucun doute. «Notre enquête conjoncturelle, menée en septembre auprès d'un échantillon d'entreprises représentatif de l'économie locale, met en lumière la conjonction de trois éléments: une érosion lente et régulière de l'activité, une baisse des investissements et une stabilité de l'emploi». La hausse des chiffres d'affaires, évaluée à 3,4%, serait ainsi en repli de trois points par rapport aux prévisions initiales formulées par les chefs d'entreprises en début d'année. Un tableau plutôt sombre qui se double selon Bernard Bénitez d'un «manque global de visibilité» de la part des chefs d'entreprises du territoire.
Manque de visibilité
Dans le secteur industriel, la conjoncture a été relativement contrastée au cours du premier semestre, avec notamment une nette baisse de la demande depuis le mois de juillet. Les industriels de Paca anticipent ainsi une certaine stabilité, voire une érosion de leur activité. «Seules deux filières industrielles tirent leur épingle du jeu: la fabrication de composants électroniques et la fabrication de matériels de transport, précise Bernard Bénitez. Dans l'industrie lourde, comme la sidérurgie, la métallurgie et la chimie fine, les choses sont beaucoup plus compliquées...» Du côté des services, le manque de visibilité reste là encore très prégnant. «Dans certains secteurs, comme l'intérim, le nettoyage et la maintenance industrielle, les volumes d'affaire se tassent clairement, constate Bernard Bénitez. Et c'est encore plus vrai depuis cet été». Les professionnels du tertiaire anticipent cependant une évolution favorable de leurs transactions, de l'ordre de 4,1%, en repli toutefois de deux points par rapport aux prévisions de janvier dernier. Dans ce contexte d'absence de vision de long terme, y compris du côté de la demande publique, le secteur de la construction fait figure de victime collatérale. «Même si l'activité reste encore favorablement orientée, deux secteurs commencent à marquer des signes de faiblesse depuis fin 2011: le gros oeuvre et les travaux publics. Et malheureusement, à terme, cela pourrait également tirer le second oeuvre vers le bas. Nous notons un attentisme très fort de la part des professionnels du secteur».
Baisse des investissements
Tous secteurs confondus, l'enquête de la Banque de France met par ailleurs en lumière une baisse importante (- 11%) des dépenses d'investissement des entreprises. Un indicateur peu encourageant qui en cache un autre tout aussi inquiétant: la situation de l'emploi. «Sur ce point, la région frise l'encéphalogramme plat», résume Bernard Bénitez.
Conjoncture Manque de visibilité, érosion de la demande, chute des investissements, emploi en berne: c'est un bien sombre tableau de l'économie régionale que dresse la Banque de France.