Aujourd'hui leader européen de l'hébergement de sites internet, passé depuis le début de l'année de la 3e à la seconde place mondiale, proposant par ailleurs une large gamme de services liés aux infrastructures internet (téléphonie, nom de domaines, sites dédiés, cloud...), OVH poursuit son développement. Le groupe affiche 30 % de croissance par an et recrute 200 personnes chaque année. Son effectif de 600 personnes aujourd'hui devrait atteindre mille salariés en fin d'année pour doubler d'ici 2020, annonçait la semaine dernière Henryk Klaba, son président, en présentant le futur campus OVH.
S'agrandir : une nécessité
Déployée sur 20.000 m², la société (partie en 1999 de quelques m²) a fini par occuper tout le pâté de maison dans ce quartier de Roubaix situé entre le Pile et le Sartel. Elle se devait donc de pousser encore une fois les murs. Elle va ainsi poursuivre son extension sur la friche Socochim, contiguë à son terrain. Le permis de construire pour une 1re tranche de 3.000 m² vient d'être déposé, en attendant que l'Établissement public foncier (EPF) ait dépollué les 6.000 m² restants. La société high tech recrute des diplômés de haut niveau pour les former ensuite à ses technologies. D'où son projet de campus, qui accueillera l'OVH Académy. « Nous aurons également nos laboratoires d'essais et de recherches en hardware et software, un incubateur pour des start-up dans l'univers des nouvelles technologies », annonce Henryk Klaba. Le bâtiment sera chauffé par la chaleur rejetée par les six data centers (136.000 serveurs) implantés sur le site roubaisien.
40 millions d'euros investis
À l'image des 26 ans de moyenne d'âge au sein des effectifs, le campus accueillera aussi une salle de sport, transformable en auditorium de 350 places. « Tout sera conçu comme des modules s'ajoutant les uns après les autres en fonction de nos besoins de place », a ajouté le dirigeant. Sous la houlette de l'architecte lillois Thomas Coldefy, la première tranche, gardant l'ossature de l'ancien bâtiment industriel sera mise en service en septembre prochain, le reste pas avant deux ou trois ans. L'investissement sera d'au moins 40 M€ pour OVH, mais peut-être plus. « Tout va tellement vite avec les nouvelles technologies, qu'il se peut que d'ici là nous développions une nouvelle activité, comme est arrivé le cloud dont on ne parlait pas du tout il y a 4 ans », ajoute le président. L'EPF a quant à lui injecté 4 M€ dans l'acquisition des terrains et leur dépollution.
Le cap du milliard d'euros
Implantée physiquement dans 17 pays, la société nordiste totalise 700.000 clients dans le monde et dispose de 17 serveurs en activité (à Roubaix, Gravelines, Paris, Strasbourg et à Beauharnois, près de Montréal au Canada), qui abritent un total de 200.000 serveurs. Depuis 2003 l'ETI les conçoit et les construit elle-même. La société héberge aujourd'hui 18 millions d'applications, et 3,5 millions de noms de domaines. Deux autres data centers sont en projet, ce qui lui donnera une capacité de 360.000 serveurs. Si OVH se refuse à révéler son chiffre d'affaires qui selon nos sources avoisine les 250 millions d'euros, l'entreprise annonce viser le milliard d'euros à l'horizon 2020.
Informatique La société roubaisienne, de 600 personnes aujourd'hui, table sur 2.000 salariés en 2020, et va s'étendre sur une friche voisine. Un investissement d'au moins 40 M€ pour le groupe qui vise le cap du milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2020.