Stéphane Gardette,
Bâtonnier de l'Ordre des avocats du barreau de Rennes
Vous agrandissez actuellement la maison des avocats à Rennes, expliquez-nous l'enjeu de ce chantier ? La Maison des avocats va doubler de surface, pour lui donner une assise plus importante. Elle avait été conçue en 1994 pour 300 avocats. Or, nous sommes aujourd'hui 726 au barreau de Rennes. Il faut s'adapter en terme d'accueil de la profession et du public, se mettre aux normes pour recevoir les personnes à mobilité réduite. Les nouvelles salles de formation pourront accueillir jusqu'à 150 personnes, soit trois fois plus qu'auparavant. C'est un outil au service des avocats de Rennes mais aussi d'ailleurs, comme bureau de transit. Cette maison doit accueillir des services supplémentaires : la Carpa Ouest Atlantique Bretagne (Ndlr, caisse de réglements) s'agrandit ; l'Anaafa (Association nationale d'assistance administrative et fiscale) va revenir dans nos locaux. Ce chantier représente un investissement d'1,4 million d'euros. La livraison est prévue au 4e trimestre.
La justice doit contribuer au choc de simplication utile aux entreprises, comme la réforme du Code du travail : quelle est votre analyse sur le sujet ? Oui à tout ce qui peut rendre les choses plus lisibles ! C'est vrai qu'un Code du travail de 2.000
pages (contre 25 en Suisse) ne les rend pas lisibles... Il y a parfois de bonnes intentions, mais il faut plus de réalisme économique. Réformer est une idée louable, mais pas évidente. Ce n'est pas tout noir ou tout blanc. Quelqu'un a employé le terme de "simplexification" : on veut simplifier mais il faut sortir 15 décrets pour appliquer. Je pense que nous pourrions déléguer, par exemple, la productivité du législateur. En Suisse, elle se fait au niveau des entreprises et des branches professionnelles.
Que pensez-vous de la réforme territoriale, notamment pour l'Ouest ? Je comprends la nécessité de cette réforme. Il fallait la faire car il faut donner une visibilité régionale forte à l'Europe. Le phénomène régional est une priorité européenne. Pour l'Ouest, le ressort de la cour d'appel de Rennes inclut déjà la Loire-Atlantique. Mais cela nous simplifierait la tâche si, du point de vue des avocats, le 44 était rattaché à la Bretagne. Ne parle-t-on pas déjà de l'Ecole des avocats du Grand Ouest, avec 15 barreaux de Caen à Saint-Nazaire ? De belles entreprises existent aussi en Mayenne et ne demanderaient pas mieux non plus que d'avoir une identité régionale bretonne.
Propos recueillis par G.B.
- TROIS QUESTIONS