Ouest France : « Nous nous implantons en Haute-Normandie avec humilité »
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Ouest France : « Nous nous implantons en Haute-Normandie avec humilité »

L'arrivée du journal Ouest France, premier quotidien du pays, en territoire haut-normand suscite autant d'intérêts que d'inquiétudes dans le paysage médiatique régional. Son rédacteur en chef François-Xavier Lefranc assure venir avec humilité mais aussi ambition. Rencontre.

Pourquoi avoir attendu la réunification normande pour vous déployer sur l'ensemble du territoire ?

Nous avons toujours été présents en Basse-Normandie et le journal n'était vendu en Haute-Normandie que sur des points de vente frontaliers. Même si je rappelle que le groupe dispose, via sa filiale Publihebdos, de quinze hebdomadaires en Haute-Normandie, de radios et de son site Internet Normandie actu, le journal Ouest France n'était pas présent sur ce territoire car pour nous cela n'avait pas beaucoup de sens. Sauf que, le Gouvernement a décidé de fusionner la Normandie. Une fusion dans le sens de l'Histoire et qui n'a d'ailleurs pas soulevé de critiques. Cela nous a mis devant une réalité. Il n'était pas envisageable de dire à nos lecteurs que nous ne serions pas en mesure d'assurer l'information régionale de l'ensemble du nouveau territoire, dont le PIB est plus important que celui de la Bretagne ! Et comme c'est une région qui se crée, ce qui est rare, on peut penser que les gens vont avoir besoin de cette information régionale. Bien sûr, nous ne sommes pas les seuls sur ce créneau, il y a France 3 ou encore France Bleu, mais Ouest France est complètement dans son rôle comme grand quotidien régional.

Quels moyens allez-vous déployer pour couvrir le territoire haut-normand ?

Nous n'allons pas ouvrir d'éditions locales. Il n'y aura pas de bureaux à Rouen, Le Havre ou Evreux. Ce n'est pas ça qui fait la proximité aujourd'hui. La proximité s'obtient à présent grâce au numérique et aux journalistes. Nous avons déjà des journalistes sur le terrain et allons travailler avec des pigistes. Nous travaillons sur Ouest France Normandie diffusé sur la Seine-Maritime et l'Eure, sans pages locales mais avec des rubriques d'informations régionales sur les thèmes politique, économique, faits divers, sports ou encore vie sociale. C'est une 54e édition qui ressemblera aux 53 autres. Nous mettons déjà des informations haut-normandes sur nos pages depuis septembre. Nous allons parler des événements importants, pas de toutes les informations.

Comment votre projet va-t-il se décliner ?

Il est d'abord numérique. L'édition Normandie sera accessible en numérique mais aussi en version papier, diffusée sur les zones de Rouen, Le Havre et Evreux. Le tirage total sera composé de quelques milliers d'exemplaires sur l'ensemble de ces zones de couverture. Le numérique se développe fortement et ouvre un champ d'opportunités mais nous croyons encore à l'avenir du papier. Les deux sont complémentaires dans le cadre d'un journal fort adossé à des médias numériques puissants. En matière d'information régionale de qualité il y a un créneau à prendre. C'est un projet de long terme, on va se donner du temps, écouter nos lecteurs et apprendre à connaître les réseaux haut-normands.

Vous allez vous retrouver notamment face à Paris-Normandie, acteur historique de la presse locale ou encore le Courrier Cauchois. Une concurrence déjà installée...

La presse affronte un contexte économique difficile. Il y a quinze ans nous aurions ouvert des locales sur tout le territoire. Ce temps est révolu. Nous mettons sur pied un projet avec les contraintes économiques d'aujourd'hui et en aucun cas dirigé contre Paris-Normandie. En nous positionnant sur le créneau de l'information régionale, nous n'avons pas l'impression de marcher sur les plates-bandes de Paris-Normandie ou du Courrier Cauchois. Nous pensons que lorsqu'un événement d'importance se passe au Havre, à Rouen ou à Evreux, l'ensemble de la région doit le savoir.

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