Ancien élève de Télécom Bretagne, Dusan Iorgovan, 29 ans, vient de recevoir une prestigieuse récompense : un prêt d'honneur - 15.000 ? - par la Fondation Télécom pour Orthoptica, start-up innovante dans le domaine de l'optique. C'est fort de plusieurs années en tant qu'ingénieur de recherche à Télécom Bretagne qu'il décide, en 2009, de monter sa société. Essaimage des départements optique et Lussi (Logique des usages, sciences sociales et de l'information), Orthoptica part d'un constat simple : « Dans le domaine de l'orthoptie, qui est en quelque sorte la kinésithérapie des yeux, cela fait bien longtemps que le matériel n'a pas évolué. »
En validation au CHU
Son "Kit 3Delta" doit provoquer une petite révolution. Aidé de professionnels de l'optique, il a imaginé une série d'outils interactifs (lunettes et vidéoprojecteurs 3D, logiciels...) destinés à mesurer les dysfonctionnements de la vision binoculaire. Double nouveauté dans ce système. D'abord, la 3D immersive, « permettant une investigation clinique plus poussée que les techniques classiques ». Mais aussi ce côté tout-en-un qui, à l'usage, doit engendrer une augmentation significative des actes. « De 30 minutes pour une batterie de tests, on passe à 5 minutes : tout est automatique, le patient n'a qu'à mettre les lunettes et interagir avec l'écran au moyen d'un joystick. Au médecin, ensuite, de décrypter les résultats. » Tel que décrit ainsi, il s'agit de la version professionnelle du kit. Encore à l'état de prototypage, elle est actuellement en phase de validation clinique au CHU. Il faudra donc attendre « courant 2014 » pour une mise en vente auprès des cabinets d'orthoptistes. Mais la commercialisation d'un kit plus simple a déjà débuté. « Face à l'explosion de la 3D sur le marché, les personnes sont de plus en plus exposées. Et peuvent parfois développer des troubles de la vision. » D'où cette idée : proposer des kits 3Delta aux opticiens-optométristes afin de leur permettre de réaliser, sur leurs clients, une évaluation de leur vision dans l'espace. Différent du diagnostic, ce test est un simple indicatif du niveau de tolérance à la 3D. Pour l'heure, aucun kit de vendu, mais le gérant, bientôt soutenu dans ce projet par la banque d'innovation Oséo, se dit « prêt à signer avec plusieurs opticiens ». Autres cibles visées : les producteurs de contenus 3D, mais aussi les établissements scolaires. Autant de « beaux marchés » qui rendent le chef d'entreprise « optimiste », lui qui, pour 2013, table sur un chiffre d'affaires de 300.000 ?. Des embauches de commerciaux devraient d'ailleurs suivre dans ces prochains mois, de même que la création d'une filiale en Suède « avant fin 2014 » qui rayonnera sur tout le nord de l'Europe, « où le système médical est similaire à celui de la France ».
Santé Orthoptica propose des kits tout-en-un à l'usage des professionnels de la vision pour leur permettre de réaliser facilement, grâce à la 3D, divers tests oculaires.