Dutel - spécialisée dans le tissage Jacquard depuis 1937 - est le parfait exemple d'une société familiale qui a su s'adapter au marché et à la mondialisation du secteur. Pour cela, la structure a d'abord dû beaucoup investir dans de nouvelles machines pour être plus productive. En 2013, 6,5 millions d'euros ont ainsi permis l'acquisition de métiers à tisser numériques. Cette même année, l'entreprise avait repris l'activité de son ex-concurrent historique JB Bernard, qui était en redressement judiciaire. Sa différence, cette PME de 120 personnes la fait surtout avec sa créativité. Une activité à part entière qui regroupe une vingtaine de collaborateurs basés au siège de Rillieux-la-Pape alors que l'usine principale est installée à Panissières dans la Loire. « Chaque année, nous créons 2.000 dessins exclusifs dans 5 à 6 coloris », souligne le directeur général Jacques Dutel. C'est cette créativité qui est recherchée par la clientèle de confectionneurs et de distributeurs pour l'habillement féminin. « Nous avons un positionnement moyen-haut de gamme et travaillons notamment pour Sandro, Maje, Gaultier, Zadig & Voltaire, Le Comptoir des Cotonniers... Mais Dior et Chanel nous échappent encore », fait savoir Jacques Dutel.
Sus aux contrefacteurs
Avec 90 % de son chiffre d'affaires (22 millions d'euros en 2014) à l'export, le tisseur est beaucoup copié. Un véritable fléau que Dutel a choisi de combattre de toutes ses forces. « Nous réalisons un dépôt systématique de notre production pour prouver que nous sommes bien à l'origine des modèles et attaquons les contrefacteurs », confie le directeur. L'autre manière de lutter contre la contrefaçon consiste à proposer des tissus toujours plus compliqués à produire à toutes les étapes : tissage, impression, découpe, finition. L'avenir de l'entreprise est assuré, la relève est prête. Jean-Christophe et Marie-Valérie Dutel travaillent déjà aux côtés de leur père.
S. R