Ces dernières années, les Organismes paritaires collecteurs agréés (Opca) ont fait l'objet de sévères critiques quant à leur mission et à leur organisation dans le système de formation professionnelle français. Dans un rapport de 2009, l'Igas (Inspection générale des affaires sociales) pointait du doigt le manque de services et de conseils délivrés aux entreprises et en particulier aux PME par des Opca se cantonnant davantage à un simple rôle de collecteur. Dans ce même rapport, l'Igas fustigeait l'opacité financière des Opca.
Seuil de 100M€ par Opca
Face à ce constat, les Opca sont sommés par le gouvernement de revoir leur copie. Outre leur contribution au FPSPP (lire ci-contre), la loi annonce en effet la réforme des Opca qui passe par une modification de leur agrément. Le nombre d'Opca doit ainsi être réduit sensiblement en élevant leur seuil de collecte à 100 M€ afin de passer d'une centaine à une soixantaine d'organismes collecteurs d'ici au 1erjanvier 2012, date de validité des agréments des Opca. D'ici là, certains petits ou moyens Opca vont donc être amenés à fusionner. Outre ce nouveau seuil financier, d'autres conditions d'agrément sont précisées, comme les ?performances de gestion?, la cohérence du champ d'intervention ou la nature des services rendus à leurs adhérents. «Pour certains Opca, c'est clair qu'il y a un manque de compétences et de personnels dans ce domaine. Le service rendu aux entreprises adhérentes dans le choix de leur formation n'est pas suffisant et certains font même de la rétention d'information», confie ce responsable d'un important Opca.
Nouveau rôle de conseil
La loi invite les Opca à évoluer vers un rôle de conseil et de ?services de proximité? auprès des entreprises, en particulier des PME et des TPE, le plus souvent perdues dans les méandres administratifs de la formation professionnelle. Ces Opca devront désormais faire un audit des compétences et des besoins de formation dans les entreprises «Cette réforme va dans le bon sens puisqu'elle va permettre davantage de proximité entre Opca et PME-TPE qu'ils vont devoir guider dans l'élaboration de leur cahier des charges en matière de formation professionnelle», explique Jean-Michel Pottier, président de la commission formation et éducation de la CGPME. La réforme prévoit enfin que les Opca seront évalués tous les trois ans sur la mise en oeuvre de leurs nouvelles missions de conseils et de services aux entreprises.
Souvent pointés du doigt ces dernières années,les organismes collecteurs se trouvent placés en première ligne de la loi du 24novembre dernier avec une réforme les concernant directement.