« En mars dernier, apprenant que je n'étais pas retenu comme lauréat du concours mondial de l'innovation, j'ai pleuré pendant deux jours. J'en ai pris connaissance par hasard en consultant sur internet la liste des entreprises reçues par le ministre. Je n'ai reçu le courrier officiel que deux semaines plus tard ».
200.000€
de cash
Christophe Alepée évoque, sans détour, l'échec de One Ortho et de ses implants sur mesure à la première session du concours mondial de l'innovation. Concours découlant de la Commission Innovation 2030 présidée par Anne Lauvergeon. Dans le cadre des investissements d'avenir, l'État doit investir plus de 300 M€ dans une centaine d'entreprises développant des innovations dans les sept domaines stratégiques définis par la Commission (stockage de l'énergie, valorisation des richesses marines, médecine individualisée, chimie du végétal, recyclage des matières, silver économie et Big Data). Si Christophe Alepée ironise sur son précédent échec, il n'en n'est pas moins décidé à remporter le morceau pour la deuxième session. Il vient de déposer son dossier. Le créateur de One Ortho est d'autant plus décidé qu'il avait présenté sa candidature, « sans y croire vraiment la première fois » et avait néanmoins été retenu, parmi les 700 dossiers, pour passer l'oral. Sur les 138 entreprises ayant présenté leur projet au jury, 58 ont finalement été lauréates, en mars dernier. « Je présente un meilleur dossier, bien plus avancé, cette fois-ci », assure Christophe Alepée. L'enjeu est de taille pour la start-up : si elle est reçu au concours, elle recevra 200.000€ de cash. Une somme rondelette qui lui permettrait de poursuivre ses développements.
Des implants sur mesure
Il vient de créer One Ortho mais, à 45 ans, Christophe Alepée n'est pas exactement un novice de l'entreprenariat. Sur son CV : la direction de la PME stéphanoise Aston (implants orthopédiques ; CA 2013 ; 11,5 M€; 64 salariés) pendant 5 ans et la reprise, en 2002, de la TPE Finortho à Bernard Garnier. L'entreprise, spécialisée dans le polissage technique et la finition d'implants orthopédiques, faisait alors moins de 100.000€ de chiffre d'affaires avec 2 salariés. Implantée à Montreynaud, elle affiche aujourd'hui un CA d'1,7 M€ avec un effectif de 26 personnes, grâce notamment à la diversification récente dans l'impression 3D destinée à la fabrication d'instruments chirurgicaux à usage unique. Pour créer sa start-up, Christophe Alepée a quitté la direction d'Aston mais reste l'actionnaire majoritaire de Finortho (gérée par Alexandre Theoleyre). « Avec Aston et Finortho, nous travaillions déjà sur les implants et les instruments sur mesure. Je voulais aller plus loin mais les actionnaires d'Aston ne souhaitaient pas me suivre dans ce projet ». Son idée : « mettre en place une chaîne numérique permettant de concevoir et de fabriquer, via l'impression 3D des implants d'articulation et des instruments chirurgicaux sur mesure ». Via un accès web, le chirurgien configure son implant pour son patient. One Ortho lui fournit l'implant en question, ainsi qu'un set d'instruments à usage unique. « Aujourd'hui, les fabricants envoient des valises entières d'implants de toutes les tailles. Le chirurgien fait son choix pendant l'opération puis réexpédie ce dont il ne s'est pas servi ».
Investissement d'1 M€
Après un investissement global de l'ordre d'1 M€ notamment dans le développement du logiciel et le recrutement de plusieurs salariés, One Ortho devrait pouvoir lancer réellement la commercialisation mi-2015. Christophe Alepée vise un chiffre d'affaires de 2 M€ en 2016 et de 4 à 5 M€ en 2018 avec une vingtaine de salariés. « Nous commençons avec l'articulation du genou car c'est la plus facile mais nous développerons rapidement le concept pour l'épaule puis pour toutes les articulations, notamment celles représentant un marché de petite taille, comme le coude ou la cheville, et pour lesquelles les fabricants ne développent pas de réelle gamme », détaille Christophe Alepée qui compte sous-traiter la production pour se focaliser sur la conception des produits. L'équilibre financier est visé pour fin 2016. Pour financer ses développements, le dirigeant de One Ortho entend lever 500.000€ d'ici à la fin de l'année. Cette levée de fonds viendrait compléter les 500.000€ déjà injectés notamment par Christophe Alepée (100.000€), la Bpi (200.000€).
One Ortho
(Saint-Étienne) Dirigeant : Christophe Alepée 4 salariés www.oneortho-medical.com