Quel est votre parcours personnel?
J'ai passé les vingt premières années de ma vie à Metz, puis j'ai fait Sciences Po à Grenoble, ainsi que des DEA de sciences politiques à Montpellier et à Aix-en-Provence. J'ai ensuite monté un cabinet de conseil en développement économique et en montage de projets européens, avant de gérer, pendant quatre ans, la pépinière d'entreprises Espace Liberté, à Marseille. Puis j'ai eu la chance de bénéficier d'un transfert en première ligue, en prenant la direction d'un ?Innovation Center?à Halifax, au Royaume-Uni. Pendant deux ans, j'ai eu carte blanche pour développer cette structure. Puis, une fois rentré en France, j'ai travaillé dans une société de conseil en projets collaboratifs européens, avant de prendre la direction du CEEI Provence, en janvier dernier.
Quel rôle peut jouer ce CEEI dans le développement économique du territoire?
J'ai la chance de gérer un outil extrêmement performant. L'ancienne directrice, Claude Le Foulgoc, a vraiment fait un travail fantastique. Néanmoins, je pense que nous courrons aujourd'hui le risque d'une erreur historique. La rhétorique outrancière de la simplification maximale, qui voudrait imposer l'idée qu'il y a ?trop d'outils?dans le territoire, est simpliste, et méconnaît la complexité du parcours des entreprises et la diversité des compétences nécessaires. Les CEEI bénéficient de plusieurs décennies d'expérience et d'expertise. Or, aujourd'hui, l'État nous dit: ?Les pôles de compétitivité vont tout faire?. Y compris le financement des start-up de croissance, d'ailleurs. Je suis très inquiet. La question que je pose est la suivante: les pôles ont-ils vocation à tout faire, ou peuvent-ils se servir d'outils experts déjà présents dans le territoire? Il y a des choses qui font partie de notre coeur de métier, et je conteste que quiconque, sur notre segment, soit meilleur que nous. Nous avons une réelle légitimité à ne pas disparaître du paysage. Nous devons construire de nouvelles relations avec les pôles.
Quels sont aujourd'hui vos grands axes de travail?
Certaines opportunités de développement sont en train de se dessiner dans le territoire. Les sciences de la vie, par exemple. Nous pouvons travailler de façon complémentaire avec Luminy. Il y a bien entendu d'autres pistes: le travail sur l'accès au financement, le sourcing, et le développement d'une croissance exogène, en lien avec les services de Provence Promotion.
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Olivier Tomat, tout nouveau directeur du Centre européen d'entreprise et d'innovation (CEEI) Provence, à l'Arbois, revient sur son parcours personnel et ses ambitions pour le territoire économique d'Aix-en-Provence.