L’entreprise agroalimentaire Olga, à Noyal-sur-Vilaine, s’est engagée depuis 2020 dans un projet de réduction de sa consommation d’eau. Pour l’entreprise d’Olivier Clanchin, pionnière des produits laitiers et végétaux bio, qu’elle a commencé à fabriquer il y a cinquante ans, c’est l’un des piliers de sa démarche globale pour préserver la planète. Grâce à différentes actions et à la mise en place de process de fabrication innovants, Olga a ainsi fait l’économie de 24,5 % d’eau entre 2020 et 2024.
Un investissement de 3,2 millions d’euros sur quatre ans
"Nous sommes passés de 780 000 m3 par an à 588 000 m3 consommés grâce à une démarche globale sur l’ensemble de nos sites, explique Jean-Charles Gallée, responsable environnement chez Olga. Sur quatre ans, nous avons investi 3,2 millions d’euros pour cela, dont 40 % ont été financés par l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne."
Primé par l’Agence de l’eau
L’organisme gouvernemental, qui est chargé de porter la préservation de l’eau et des milieux aquatiques sur les territoires, a d’ailleurs remis en novembre à Olga l’un de ses sept Trophées de l’eau, récompensant son projet parmi 5 000 candidatures. L’entreprise bretillienne a été distinguée plus particulièrement pour "sa gestion exemplaire de l’eau" sur son site Sojasun de Châteaubourg. Il a diminué à lui seul de 86 000 m³ la consommation d’eau du groupe (soit -20 % de la consommation sur le site). Le site fabrique des produits ultra-frais et UHT à base de soja et d’autres végétaux. "Pour transformer la graine de soja, cela nécessite beaucoup d’eau. Nous avons mis en place un système d’osmose inverse, pour 2 millions d’euros, ce qui a permis d’économiser 44 000 m3", détaille Jean-Charles Gallée.
Un procédé sur-mesure d’osmose inverse
Ce procédé, développé sur-mesure, permet de réutiliser l’eau extraite à partir du jus de soja, limitant ainsi les rejets vers la station d’épuration et préservant la ressource locale. "L’osmose inverse permet une filtration de l’eau à l’échelle du nanomètre et la production d’une eau quasiment pure. Nous pouvons ensuite la réutiliser dans différents équipements comme nos chaudières et surtout nos tours aéroréfrigérantes", détaille Jean-Charles Gallée.
D’ailleurs, en complément, Olga a remplacé certaines tours de refroidissement traditionnelles anciennes, qu’il fallait remplacer, par des tours adiabatiques innovantes. "Elles consomment 90 % d’eau en moins", précise Jean-Charles Gallée.
1 million d’euros par an pour préserver l’environnement
"Nos activités agroalimentaires consomment beaucoup d’eau pour transformer les produits, faire fonctionner l’atelier et les nettoyer, rappelle Olivier Clanchin. Nous nous attachons donc à piloter cette ressource selon la logique des 3R : Réduire, Remployer, Recycler, et cela sur nos 13 sites de production."
Cela passe par l’optimisation des recettes de lavage, une maintenance préventive renforcée ou encore la régulation de l’arrosage. Olga a prévu un budget d’un million d’euros par an sur les cinq prochaines années pour la préservation de l’environnement. Le groupe travaille actuellement, entre autres, sur un projet de réutilisation de l’eau potable à la sortie de sa station d’épuration, à mettre en œuvre avant 2035. "Le module pilote sera livré au premier trimestre 2026", annonce Jean-Charles Gallée.