Alors que le marché de l'internet des objets (IoT) est en plein boom - évalué à 10 milliards d'euros à l'horizon 2020 en France -, le monde de l'entreprise prend enfin conscience du potentiel du secteur. « Même si, il faut bien le reconnaître, les lignes bougent encore lentement », pondère Paola Jesson, cofondatrice avec Stéphanie Gibert du Sido salon de référence des objects connectés en Europe, qui se déroule jusqu'au 6 avril à Lyon. Selon une étude Accenture, « 87 % des dirigeants d'entreprises reconnaissent le fort potentiel de l'IoT mais seulement 7 % prennent ou ont pris des mesures concrètes », insiste-t-elle. « Mais la mission du Sido est justement de fédérer un écosystème de l'IoT, de sensibiliser et d'évangéliser les entreprises à ces nouveaux enjeux qui leur permettent de transformer leurs modèles en services, de réinventer leur business model et de gagner en compétitivité. » Un écosystème autour duquel gravitent déjà en France des centaines de start-up. Leur ambition : ouvrir des voies et révolutionner les usages IoT. Portraits de trois jeunes pousses lyonnaises retenues au sein du programme Startup Valley, proposé en marge du Sido.
Everblix : l'IoT adapté aux milieux extrêmes
Everblix, c'est d'abord l'histoire d'un algorithme baptisé Bluefind. Un algorithme breveté de micro localisation, développé par Arnaud Roquel, docteur en physique mathématique, permettant de se passer d'un système GPS. « J'ai rencontré Arnaud mi-2015 au TUBA à Lyon alors qu'il "pitchait" cette technologie », raconte Céline Varenne-Souchon, spécialisée dans le marketing digital. De cette rencontre nait Everblix, un projet auquel s'associe Karine Dognin-Sauze, également vice-présidente de Lyon Métropole, déléguée à l'innovation. Depuis, le trio a mis en place le projet ZeTracker, en association avec ZSafetech, filiale de l'équipementier de ski ZAG. « Cette solution IoT se présente avec un boîtier à fixer sur l'avant de chaque ski couplé à une application smartphone », explique Renaud Roquel. Une solution, produite pour l'heure à 5.000 exemplaires, qui permet de géolocaliser des skis en cas de perte ou de vol. « Notre marché, c'est d'abord les milieux de la sécurité et des conditions en milieu extrême. Mais nous sommes en discussion avec des grands comptes pour des solutions adaptées à la bagagerie connectée par exemple », précise Céline Varenne-Souchon qui a participé au dernier salon CES à Las Vegas. En 2016, Everblix - lauréate du Prix Réseau Entreprendre - a dégagé un CA de 301.000 euros (pour un résultat net de 162.000 euros). Ses cofondateurs préparent une première levée de fonds de business angels de 100.000 euros avant l'été, suivi d'un deuxième tour de table de 600.000 euros début 2018.
Hease, le robot d'accueil
Il s'appelle Hease, mesure 1,55 m et pèse 40 kg à tout juste 6 mois... Ce gros bébé, sur pied depuis novembre 2016, est le dernier-né de la start-up Hease Robotics (10 salariés). « A vrai dire, il s'agit de notre seul et unique produit », sourit Max Vallet, cofondateur avec Jade Le Maître de cette jeune pousse créée en même temps que son robot et hébergée depuis au Bel Air Camp à Villeurbanne. Un produit doté d'un dispositif de vision stéréoscopique (perception du relief) qui permet à Hease de détecter la présence d'humains et de se tourner vers eux. « Un panneau Led affiche les yeux du robot, lesquels peuvent s'animer pour exprimer la joie, la tristesse ou d'autres réactions, et ainsi susciter rapidement l'intérêt, voire la sympathie, de ceux avec lesquels il interagit », détaille le dirigeant. Ce robot d'accueil, qui sera décliné cette année en une dizaine d'exemplaires, est capable de lire un code-barres et renseigner ainsi sur un produit ou un vol, etc. La start-up devrait boucler une première levée de fonds avant fin 2017. « De l'ordre de 2 millions d'euros », précise Max Vallet. Et vise, d'ici 2019, 30 % du marché hexagonal des robots de service.
Terabee, des mini-capteurs XXL
Un chiffre d'affaires multiplié par dix (de 60.000 à 600.000 euros), une équipe presque doublée (de 13 à 22 salariés)... Depuis un an, Terabee, basée à Saint-Genis-Pouilly dans l'Ain, se sent pousser des ailes. De bon augure pour cette start-up qui développe des mini-capteurs, équipés de caméra 3D. Ils équipent déjà des drones scientifiques (comme ceux du Cern), mais aussi en BtoC des appareils électroménagers. Ces capteurs, réglables à distance, peuvent être appliqués à de nombreuses applications qui font intervenir de la robotique et l'IoT. « Nous devrions développer cette année deux à trois nouveaux capteurs », précise l'Italien Massimiliano Ruffo, Dg de Terabee.