En cédant la majorité du capital de son entreprise à Urmet, Olivier Goyeau anticipe son futur départ. Aux deux lettres d'intention reçues, le fondateur de Castel a choisi la surface financière d'un groupe international «pas hégémonique.»
Olivier Goyeau, Castel a 15 ans en 2010. Pourquoi avez-vous décidé de vendre l'entreprise au groupe italien Urmet? Je suis arrivé à un âge où on se pose des questions quant à l'avenir de sa société. Je voulais assurer la pérennité de celle-ci. Je ne désirais pas qu'elle ne se retrouve plus tard sur le déclin par ma faute.
Qu'est-ce qui a fait pencher la balance en faveur d'Urmet?
J'avais un cahier des charges assez précis: je voulais me retirer en douceur tout en continuant à faire mon métier d'industriel. Je souhaitais également conserver une minorité de blocage. Je n'avais pas forcément l'intention de remplacer les actionnaires existants (N.D.L.R: Sodero et personnes individuelles dont les parts ont été rachetées). En fin d'année dernière, j'ai reçu deux lettres d'intention. J'ai choisi FDI Matelec, et par extension le groupe Urmet, pour leur connaissance du secteur, pour les synergies qu'elles offrent et pour l'autonomie de fonctionnement offerte aux filiales. Urmet n'est pas un groupe hégémonique.
Que peuvent être les apports des nouveaux actionnaires?
D'abord, pérenniser l'entreprise et continuer notre train de croissance, en moyenne de 10% par an, et stabiliser un résultat net supérieur à 10%. Ensuite, des synergies vont évidemment se développer. Castel va offrir un complément de gamme dans l'interphonie tertiaire et une approche directe d'installateur. Castel pourra également bénéficier des réseaux de distribution du groupe Urmet France.
Les ventes pourraient-elles aussi se faire à l'export?
Tout à fait. Aujourd'hui nous réalisons 5% de notre chiffre d'affaires à l'étranger. Pour 2011, nous avons décidé d'accroître notre zone de chalandise à l'Europe limitrophe (du Portugal à la Belgique) et un peu en Afrique du Nord. C'est un relais de croissance à moyen terme. La concurrence n'est pas asiatique sur nos petits marchés mais européenne. Nos concurrents viennent en France: on a donc décidé de les agresser chez eux.