Le 19 mars dernier, à l'occasion de leurs conseils d'administration respectifs, le cluster Edit, labellisé par la Région, et Grilog, grappe d'entreprises iséroises spécialisées dans le logiciel, annonçaient leur fusion au sein d'une nouvelle entité, Clust'R Numérique. Ensemble, ils revendiquent ainsi 260 adhérents pesant 1,5 Md€ de chiffre d'affaires et 18.000 emplois dans le secteur de l'édition logicielle et des services numériques.
Naissance du Clust'R Numérique
« Le Clust'R Numérique fédère les acteurs de la filière pour faire émerger des champions et accompagner les entreprises des secteurs traditionnels dans leurs mutations numériques, afin de faire prospérer et rayonner la région Rhône-Alpes » souligne Jean-Michel Bérard, Président du Cluster Edit et désormais président de ce nouveau cluster. Doté d'un conseil d'administration de 16 membres élus par les adhérents, le siège du Clust'R Numérique est à Lyon. Deux antennes territoriales sont créées : une à Lyon représentant le Rhône, l'Ain, la Loire, la Drôme, l'Ardèche, la Savoie et la Haute-Savoie ; une autre à Grenoble pour l'Isère. À l'instar du modèle isérois, le cluster nouvelle formule laisse la porte ouverte à la création d'autres antennes départementales. Un mois après l'annonce de cette fusion à moins de 70 kilomètres du siège d'Edit, la grappe ligérienne des entreprises du numérique, Numelink, annonçait au Journal des Entreprises son rapprochement avec le club d'entreprises drômois RhôneAlley.
Élargissement de Numelink
« RhôneAlley rassemble 80 adhérents sur la Drôme et l'Ardèche. Après notre assemblée générale, en juin prochain, RhoneAlley nous rejoindra et la fusion sera effectuée sous la bannière Numelink », détaille la présidente de Numelink, Catherine Bocquet. La gouvernance sera modifiée avec un élargissement du conseil d'administration à 40 membres (contre 24 actuellement) dont 10 postes réservés à RhôneAlley. Pendant un an, les présidents des deux structures, Catherine Bocquet et Patrick Montier cohabiteront. Un permanent de Numelink sera délégué sur place, pour animer la filière locale. Avec cette union, Numelink fédérera ainsi 250 adhérents, soit presqu'autant que les 260 revendiqués par Clust'R Numérique. À une différence notable près, la taille des structures adhérentes puisque Clust'R Numérique compte plusieurs poids lourds tels Cegid, Esker, ou encore Hardis.
Bloc contre bloc ?
Ces deux fusions, annoncées à quelques semaines d'intervalle, laissent entrevoir la constitution de deux blocs. D'un côté, les acteurs lyonnais et grenoblois. De l'autre, les Ligériens, les Drômois et les Ardéchois. « Il ne s'agit pas d'une réaction de défense », assure Catherine Bocquet, présidente de Numelink. Nous travaillons avec RhôneAlley depuis très longtemps. C'était le bon moment ». Armand Lulka, directeur de Numelink, poursuit : « Pourquoi nous n'avons pas intégré Clust'R Numérique ? Parce qu'il ne s'agit pas de grossir pour grossir. Il faut que cela ait du sens pour les entreprises. C'est le cas dans la Drôme puisque nous allons pouvoir dupliquer nos outils. Selon nous, un cluster de dimension régionale serait difficilement pilotable car la proximité est un élément indispensable pour la réussite des projets que nous menons. Ceci étant, nous menons de nombreux projets en partenariat avec Edit ». Pour Thierry Alvergnat, directeur du nouveau cluster, et ex-président d'Edit, au contraire, la constitution d'une filière unifiée paraît incontournable. « Il ne faut pas oublier que Rhône-Alpes dispose de la 2e filière numérique française. Nous avons un peu de mal à être visible du fait de ces divisions ». Et de remettre les points sur les i : « Les choses ne sont pas encore mures, c'est vrai, mais la constitution d'un vrai cluster régional me paraît être dans le sens de l'histoire. Dans cette optique, même si Numelink a parfois des velléités expansionnistes, il ne faut pas oublier que nous sommes le cluster reconnu par la Région. Les choses vont avancer, nous avons des relations cordiales et nous sommes conscients des enjeux communs qui nous animent ». Encouragés en ce sens par la Région et conscients des atouts d'un travail collaboratif, Jean-Michel Berard et Catherine Bocquet se sont rencontrés le 23 avril dernier lors d'un déjeuner informel. « Nous avons identifié de réelles complémentarités et les échanges à venir s'avèrent prometteurs. », assure Catherine Bocquet.
Clusters. Edit et Grilog d'un côté. Numelink et RhôneAlley de l'autre. En quelques semaines, deux fusions importantes ont été opérées entre des clusters et des clubs d'entreprises du numérique, redessinant ainsi le paysage de la filière rhônalpine. Une coïncidence ?