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Nouvelle-Aquitaine : l'économie régionale revoit ses perspectives d'activité à la baisse 
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Nouvelle-Aquitaine : l'économie régionale revoit ses perspectives d'activité à la baisse 

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Dans une étude conjointe présentée en septembre, l'antenne régionale de la Banque de France et la CCI Nouvelle-Aquitaine dressent le portrait d'une économie régionale qui, bien que décrite comme résiliente, affiche des prévisions moins favorables qu'en début d'année. L'industrie prévoit ainsi une baisse globale de son chiffre d'affaires. Les services et la construction sont aussi impactés.

Pour le second semestre 2025, l'industrie en Nouvelle-Aquitaine prévoit une baisse de chiffre d'affaires de 1,7% — Photo : Klaus Ohlenschlaeger

"Le physique va encore à peu près mais le moral flanche". En une phrase, Marie-Agnès de Montbron, directrice régionale de la Banque de France Nouvelle-Aquitaine, annonce la couleur de l’étude sur les prévisions économiques à mi-année dans la région, dévoilée ce 17 septembre en partenariat avec la CCI.

Une situation fragilisée

Dans le baromètre économique de la CCI Nouvelle-Aquitaine, les près de 4 000 (3 953) chefs d’entreprise sondés anticipent une amélioration du chiffre d’affaires (25 % l’anticipent en baisse et 50 % en stagnation contre 34 % et 42 % au premier semestre). Même chose pour les carnets de commandes : 24 % le prévoient en baisse contre 33 % au premier semestre, plus particulièrement chez les PME de 50 salariés et plus.

Les indicateurs financiers, eux, sont jugés fragilisés, "quelle que soit la taille de l’entreprise". Les investissements sont orientés à la baisse pour le second semestre pour 69 % des entreprises de plus de 50 salariés (contre 74 % au semestre précédent). 9 entreprises sur 10 déclarent avoir rencontré des difficultés. Les plus notables sont la baisse de la demande, le poids des charges, l’inflation et la hausse du coût de l’énergie. Les besoins de recrutements, eux, sont toujours hauts, tout comme la difficulté de les assouvir (81 % pour les PME de 50 salariés et plus, -1 %). Globalement, les dirigeants interrogés sont plus confiants en l’avenir de leur activité (67 %) qu’en celle de l’économie française (22 %).

Le contexte géopolitique grève l’industrie

Du côté de la Banque de France, l’étude réalisée auprès d’environ un millier d’entreprises régionales (172 000 emplois) montre des prévisions globalement moins favorables qu’en début d’année. L’industrie régionale anticipe ainsi une contraction des effectifs de 2,3 % pour 2025. Elle prévoit aussi une baisse de chiffre d’affaires (-1,7 % contre une hausse de 2,6 % anticipée dans les projections en début d’année).

"La hausse des droits de douane, l’incertitude sur les négociations commerciales induites et le ralentissement de l’économie mondiale affecte tous les segments industriels", peut-on notamment lire. Pourtant, malgré un clair ralentissement de la dynamique des investissements, plus des trois quarts des industriels maintiennent voire améliorent leur rentabilité, preuve d’une certaine résilience.

Dans le détail, l’agroalimentaire, et plus particulièrement les boissons alcoolisées (vins et spiritueux), est la filière la plus concernée, mais pas la seule : le segment des autres produits industriels revoit aussi ses prévisions à la baisse "dans une moindre mesure", tout comme les filières du bois, du papier/carton et de la chimie, en repli.

-1,7 %

Si le secteur des équipements électriques et électroniques espère une croissance plus modérée qu’anticipé", confie Quitterie Gondellon-Pegue, directrice des affaires régionales à la Banque de France Nouvelle-Aquitaine, pour les fabricants de matériel de transport, la dynamique "demeure positive avec des prévisions légèrement réduites, notamment dues aux problématiques de sous-traitance dans l’aéronautique et le ferroviaire, et à la dégradation des entrées d’ordres dans le nautisme et l’automobile", poursuit la responsable.

"L’industrie régionale est clairement tirée par les biens d’équipements, aux carnets de commandes mieux garnis", ajoute Martine Domecq, responsable de l’information économique et des études à la CCI Nouvelle-Aquitaine.

Les services et la construction souffrent aussi

L’étude de la Banque de France révèle aussi une tendance de recul du chiffre d’affaires (-0,7 %) dans les services, malgré une légère hausse des tarifs. Le transport routier de marchandises et les agences d’intérim seraient les plus fortement touchés du fait de la baisse de la demande. "Les intentions d’investissements y seraient majoritairement maintenues, malgré des reports ou gels de projets plus fréquents", précise l’étude.

Enfin, elle dévoile une baisse du chiffre d’affaires plus prononcé qu’anticipé dans la construction, plus particulièrement dans le gros œuvre (-8,2 %), marqué par une baisse des ventes de logements neufs sur 2023 et 2024. Le rétablissement du prêt à taux zéro et la baisse des taux d’intérêt sont vus comme encourageants, mais leurs effets pourraient tarder. Les projets industriels, eux, se retrouvent reportés par l’attentisme des dirigeants.

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