L'entreprise rennaise de conception de maillots de bain et corseterie a été reprise cet été par Canat (siège à Millau), suite à un redressement judiciaire. Un nouveau départ donc pour cette société de confection créée en 1967, et qui vient de déménager. Toujours dans l'Écopôle sud-est à Rennes, Huit est passé de 8.000 m² à 1.400 m² (des locaux rouvés par l"intermédiaire de BNP Paribas Real Estate), beaucoup plus adaptés à son activité.
La fabrication ne se fait plus en France (mais par des sous-traitants, notamment en Tunisie), et les salariés sont passés de 68 à 23... Ici subsiste donc le bureau d'études et de prototypage. Pour le reste, le stylisme est à Paris, pour une question d'image à l'international notamment. « Nous mutualisons également avec Canat la logistique, les services administratifs », explique Jean-René Ferrec, directeur du site rennais.
La partie commerciale aussi est réalisée par la force de Canat, qui complète avec Huit son offre de lingerie (pyjamas, nuisettes...). Rennes doit en effet redimensionner son activité, qui vise une petite baisse de chiffre d'affaires pour 2016-2017 à 5 M€ (contre 5,5 M€ en 2015). « Mais il est plus réaliste, et on sera à l'équilibre. Ensuite, l'objectif est de réaliser + 5 % de croissance par an », espère Jean-René Ferrec. Pour cela, Huit mise sur des nouveaux produits, « comme une gamme "invisibles" : non plus cousus mais aux jointures collées », souhaite Céline Le Guen, responsable du bureau d'études. Des nouveautés vont aussi être créées tous les mois (contre deux collections par an), soit 100 produits nouveaux par saison au lieu de 50. « Ces collections capsules vont faire l'objet de modifications légères en création, afin de diviser par deux le temps de conception. Nous allons aussi revenir davantage au maillot de bain, notre activité historique, pour atteindre 60 % du volume et 40 % en corseterie (actuellement à parts égales) ». L'ouverture vers de nouveaux marchés fait aussi partie des objectifs. Huit réalise 50 % de son CA à l'export mais compte bien accélérer en Belgique, Suisse, Espagne, et « de nouveau en Allemagne ».