«Nous ne craignons pas la concurrence»
# Conjoncture

«Nous ne craignons pas la concurrence»

Président de l'Ordre des experts-comptables de Bretagne, Pascal Levené revient sur les réformes en cours.


Envisagez-vous les réformes en cours comme une révolution pour la profession d'expert-comptable?

Depuis le début de la décennie, notre profession est constamment ballottée au gré des vicissitudes de la mondialisation, au gré des textes législatifs et réglementaires. Nous exerçons un métier qui ?bouge?et nous avons plusieurs défis à relever. Certains sont propres à notre activité d'autres concernent nos marchés. Je ne parle donc pas de révolution mais d'évolution.


Sur le terrain, comment réagissent les experts-comptables bretons ?

En Bretagne, les experts comptables sont comme leurs 18.000 autres confrères en France: très attentifs à ces évolutions et surtout à leur application. Ils attendent donc beaucoup de leur Ordre professionnel pour défendre leurs intérêts mais aussi promouvoir leur métier. En tant que président pour la Bretagne et avec l'appui des quatre vice-présidents, je veux être à l'écoute de leurs préoccupations comme ce fut le cas pour le dispositif du visa fiscal ou encore celui du Nacre.


Quels sont les sujets qui auront le plus d'incidences sur votre métier ?




Nous devons à mon sens être vigilants sur deux thèmes: la dématérialisation et l'international. Mais avant d'aborder ces sujets, nous avons un enjeu important pour notre profession dans les années à venir qui est celui d'attirer et de conserver les jeunes talents. Par la réforme de notre cursus professionnel, l'obligation de formation des collaborateurs et la mise en place de la VAE, nous apportons des perspectives d'avenir à des jeunes. Tous ces talents qui nous rejoindront seront alors autant d'atouts pour généraliser l'implantation de la dématérialisation dans les cabinets et sensibiliser les confrères sur les opportunités de l'International.




La directive européenne Services pourrait aboutir à l'ouverture du capital des cabinets. Est-ce une bonne chose?

La transposition de la directive pourrait effectivement receler des modifications dans l'organisation de nos cabinets en autorisant un plus large accès au capital des sociétés d'expertise comptable pour des non professionnels, voire, sous conditions, l'accès à certaines activités commerciales. Si nous sommes attentifs à la transposition de ces textes - et nous débattons actuellement sur des propositions d'application - nous voulons avant tout veiller à ce que l'ouverture du capital ne se fasse pas en fonction d'enjeux financiers et commerciaux au détriment de la qualité de l'information financière.


Les experts-comptables craignent-ils la concurrence?

Craindre la concurrence, c'est craindre l'activité économique. Or, l'expert-comptable est également un chef d'entreprise qui connaît déjà la concurrence et qui exerce une profession qui tend de plus en plus à se déréglementer. C'est pourquoi nous considérons que nous devrons passer d'un concept de profession réglementée à un concept d'activité réglementée. Dans ce contexte, la concurrence nous forcera à élargir nos compétences pour offrir une palette globale de services aussi large que possible et ainsi répondre à la demande de nos clients. Nous ne craignons donc pas la concurrence lorsque celle-ci est loyale et si les mêmes droits et les mêmes obligations s'imposent à chacun.

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