Que représente aujourd’hui le groupe Baker Tilly ?
Nous comptons actuellement environ 2 000 collaborateurs, dont 200 experts-comptables, pour un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros sur cet exercice contre 188 millions d’euros sur l’exercice 2022-2023. Nous sommes une société de conseils aux entreprises organisée en 5 business units regroupant de nombreux métiers, avec environ 150 compétences différentes.
Nous travaillons pour des clients de toute taille et de tous secteurs, des TPE aux grands comptes en passant par les PME et les ETI, aussi bien dans l’industrie, la grande distribution, le BTP, la santé, les professions libérales, la viticulture ou l’agriculture. Le groupe existe depuis plus de 60 ans et même s’il grandit nous voulons garder cette proximité. Nous accompagnons aussi traditionnellement des acteurs de l’Économie sociale et solidaire, ce qui s’est renforcé depuis la reprise en 2017 du cabinet parisien Sofideec, très actif dans ce domaine.
"Pour nous développer sur le territoire national, il faut des opérations de croissance externe, car partir de zéro en créant un bureau dans une ville prendrait trop de temps."
Depuis le passage de Strego à Baker Tilly en 2017, pourquoi le groupe a-t-il beaucoup grandi ?
En 2017, le groupe Strego comptait 1 000 à 1 200 personnes pour 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec une présence dans le grand Ouest, de Paris à La Rochelle. Nous nous sommes alors rapprochés d’un cabinet parisien qui portait la marque Baker Tilly International. En devenant adhérents du réseau, nous avons pu accompagner nos clients à l’international quelle que soit leur taille. On nous demandait en parallèle de développer notre présence sur l’ensemble du territoire national. Nous avons réalisé de premières acquisitions en 2021 à Lyon, Toulouse, Lille, Bayonne/Anglet puis à Lyon, Strasbourg, Paris et ailleurs. Nous avons doublé de taille en 6 ans.
Ces acquisitions sont-elles nécessaires pour assurer votre croissance ?
Pour nous développer sur le territoire national, il faut des opérations de croissance externe, car partir de zéro en créant un bureau dans une ville prendrait trop de temps. Nous devons aussi avoir des relais de croissance. Nous avons ainsi réalisé des acquisitions dans des domaines complémentaires à nos activités initiales comme la RSE, le digital ou la corporate finance. (Baker Tilly a repris début septembre le cabinet parisien Blue Partners Finance, spécialiste des fusions-acquisitions, levées de fonds et restructurations de capital. N.D.L.R.). Troisièmement, nous sommes sur un marché qui se concentre beaucoup, avec des acteurs de poids et des cabinets de taille intermédiaire qui souhaitent rejoindre des structures comme les nôtres. Nous avons aujourd’hui 60 bureaux et nous maillons presque tout le territoire national sauf le sud-est. Nous y serons présents selon les opportunités et les rencontres humaines.
Baker Tilly va donc continuer de se développer ?
Le groupe va en effet poursuivre sur sa lancée. Il y a trois raisons à cela : nous enregistrons une croissance organique importante, car nous avons un niveau de compétences des collaborateurs élevés et une offre de services qui s’est beaucoup étoffée depuis une dizaine d’années. En second lieu, nous allons poursuivre des opérations de croissance externe sur le territoire national. Troisièmement, nous avons la volonté d’ouvrir de nouveaux relais de croissance en intégrant de nouveaux métiers, dans la RSE, le digital et la corporate finance, qui regroupe trois activités, l’évaluation d’entreprises, l’audit d’acquisition et la fusion-acquisition.
Quels objectifs vous êtes-vous fixés ?
Dans notre plan Convergence 2030, nous estimons que nous devrions doubler de taille à un horizon de 6 ans pour atteindre environ 400 millions d’euros de chiffre d’affaires. Non pas parce que nous faisons une course aux chiffres mais parce que nous considérons que notre stratégie devrait naturellement nous amener à cela. Nous voulons le faire en respectant nos valeurs de proximité, d’exigence, d’excellence opérationnelle et d’engagement, entre autres dans la RSE.
Quels sont les autres axes stratégiques du groupe ?
Le second axe est de continuer d’élargir l’offre de services. Nous regroupons des métiers différents dans 5 business units : expertise comptable et conseil, expertise sociale et ressources humaines, juridique avec notre filiale Oratio et consulting, qui regroupe la RSE, la corporate finance et le digital. C’est sur cette cinquième business unit que nous voulons accélérer le développement. Avoir une offre de services demain dans le digital signifie que nous pourrons accompagner nos clients, participer avec eux au choix de leurs logiciels de finances et les implémenter chez eux, tout en sécurisant les process et en apportant des conseils en cybersécurité.
Cela passera par le développement de compétences en interne et des croissances externes, comme celle d’un intégrateur de logiciels par exemple. Pour la RSE, nous nous sommes rapprochés de Goodwill Management en 2020, ce qui nous permet d’accompagner nos clients sur ces problématiques, du diagnostic à la mesure d’impact en passant par l’accompagnement au déploiement d’actions. C’est une acquisition qui nous a donné une compétence forte sur ces sujets. Dans la corporate finance, nous travaillons déjà, par exemple, sur les transmissions d’entreprises mais nous voulons aussi accélérer sur ces sujets.
Vous avez aussi pris des engagements RSE forts au sein du groupe ?
Notre raison d’être est de faire de notre conseil le levier d’une croissance responsable. Nous considérons que nous avons une responsabilité collective sur les sujets sociaux et sociétaux et qu’une entreprise ne sera pérenne que si elle intègre ces sujets dans sa stratégie.
Nous devons donc nous aussi avoir une croissance responsable et nous travaillons sur la RSE en interne depuis une dizaine d’années, ce qui nous a encouragés à écrire un plan d’action et à le mesurer. Nous voulons réduire nos émissions à effet de serre de 30 % à horizon 2030. Pour cela, nous travaillons sur l’immobilier et les déplacements, qui sont les deux gros postes dans nos secteurs. Nous travaillons aussi depuis très longtemps sur la qualité de vie au travail, avons décidé d’un système de partage de la valeur, et nous avons développé plusieurs programmes pour les collaborateurs, permettant la mobilité en interne, la découverte d’un autre métier du groupe, l’immersion dans un cabinet à l’étranger, la création d’entreprise, la réalisation d’un projet philanthropique ou humanitaire ou le mécénat de compétences. Nous sommes aussi engagés auprès d’associations locales et avons créé en 2013 une fondation qui œuvre pour l''enfance en difficulté.
Y a-t-il d’autres enjeux sur lesquels vous travaillez ?
Nous voulons dans les prochaines années réussir notre transformation digitale, avec, par exemple, l’arrivée de l’intelligence artificielle dans nos métiers. Nous souhaitons aussi continuer de recruter et de fidéliser nos collaborateurs, en redorant le blason de notre métier auprès des jeunes qui ne le connaissent pas bien. Nous sommes également en train de construire des partenariats avec les écoles. Actuellement, nous recrutons environ 300 personnes par an pour pallier les départs en retraite et accompagner notre croissance cela représente en moyenne entre 6 et 10 % de l’effectif qui augmente chaque année.