Bordeaux
"Nous allons déployer des solutions d’optimisation fiscale pour le marché de l’immobilier industriel et commercial"
Interview Bordeaux # Edition de logiciels # Capital

Charlotte Valette directrice de Loré Finances "Nous allons déployer des solutions d’optimisation fiscale pour le marché de l’immobilier industriel et commercial"

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L’éditeur de logiciels bordelais Loré (35 salariés) développe des solutions pour rectifier ou anticiper les taxes locales des acteurs de l’immobilier d’habitation. Son augmentation de capital de 8 millions d’euros durant l’été doit notamment lui permettre de cibler de nouveaux marchés, dont l’immobilier commercial et industriel.

Charlotte Valette, directrice de Loré Finances — Photo : Loré Finances

Pouvez-vous expliquer comment fonctionnent les solutions proposées par Loré Finances?

En immobilier d’habitation, le niveau d’anomalie des taxes fiscales est entre 5 et 10 %. Les propriétaires paient plus qu’ils ne devraient le faire en optimisant. Les erreurs ne sont pas celles de l’administration ou pas seulement ; la procédure est déclarative, complexe, et parfois le déclarant n’est pas le payeur. Nous parlons ici d’acteurs de l’immobilier qui possèdent au moins 200 biens, des bailleurs, des foncières, etc. Nous développons des algorithmes qui, à l’instar de cabinets de conseils fiscalistes, vont optimiser ces taxes locales et modéliser la gestion financière de parcs immobiliers existants, ou réaliser des prévisionnels sur des projets à venir ou dont les caractéristiques vont changer.

Depuis quatre ans votre croissance est majeure, comment l’expliquez-vous ?

Il y a quatre ans notre chiffre d’affaires était de 800 000 euros. Il est passé à 4,5 millions d’euros en 2023 et sera de 5,5 millions en 2024. Cela s’explique parce que nos solutions s’inscrivent dans une démarche de dématérialisation, donc Bercy est plus enclin à communiquer. Par ailleurs, les tensions financières sur le marché immobilier encouragent les acteurs à pousser la rationalité des coûts. Enfin, nous assistons à une concentration des parcs immobiliers. Gérer davantage de biens pousse à l’informatisation. Nous avons un fort ROI (retour sur investissement, NDLR) sur nos solutions, dotées de supports consultants.

Vous venez d’annoncer une augmentation de capital, en intégrant le fonds français IdiCo à hauteur de 8 millions d’euros. Pourquoi maintenant et pour quels développements ?

Nous sommes sur un marché de solutions fragmentées et vieillissantes. Aujourd’hui nous avons des bases solides pour nos fortes ambitions. Nous envisageons une croissance organique à quatre ans avec un doublement de la société (aujourd’hui 35 salariés). Nous devrions avoir une activité supérieure notamment si nous réalisons les opérations de croissance externe que nous ciblons.

De la même manière que vous avez racheté l’éditeur de logiciels lyonnais Apoca en avril dernier…

Il correspond à l’un des deux nouveaux marchés que nous développons. Avec Apoca (spécialisé dans le montage et le pilotage des opérations immobilières des bailleurs sociaux, NDLR) nous voulons déployer une solution de masse pour la gestion de projet immobilier pour tous les promoteurs. Le second marché est celui de l’immobilier commercial et industriel, en parallèle de l’immobilier d’habitation. Nous ciblons la grande distribution, les grandes enseignes de bricolages, tous les professionnels qui disposent de grandes surfaces immobilières. On peut aussi imaginer des parcs d’attractions, ou même des acteurs comme EDF.

Pour l’immobilier industriel et commercial, les économies grâce à l’optimisation fiscale seraient de quel ordre ?

Nous disposons de moins de données que pour l’habitation donc c’est plus périlleux d’annoncer une fourchette, mais ce sera au moins autant que pour l’habitation. Nous aurons probablement moins d’erreurs systématiques mais elles seront plus importantes.

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