Le projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes est " surdimensionné " par rapport aux besoins. Telle est la conclusion du rapport d'experts, commandé début février par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal pour évaluer les projets " alternatifs ou complémentaires ".
" Force est de constater que le projet, fruit d'une conception ancienne, est surdimensionné ", indique ce rapport rédigé par trois ingénieurs des eaux et des forêts et mis en ligne ce jour.
" Les différents scenarios étudiés se résument en un choix entre une modernisation de Nantes-Atlantique et un aéroport sur le site de Notre-Dame-des-Landes redimensionné à une seule piste ".
Un aéroport à une seule piste
Le rapport préconise ainsi : " au lieu d'un projet à deux pistes de 3 600 mètres, dont l'une de 60 mètres de largeur, qui était celui d'un aéroport à vocation intercontinentale, la mission suggère de retenir un projet à une seule piste de 2 900 mètres de longueur et 45 mètres de largeur, jugée suffisante pour les besoins d'un trafic essentiellement intra-européen. "
Si l'option de l'actuel aéroport était retenue, " la rénovation de la piste est nécessaire " , affirment les rapporteurs qui précisent toutefois que cette solution serait onéreuse et exposerait la ville à un niveau de nuisances sonores difficilement acceptable.
" C'est un très bon rapport, incontestable, qui desserre l'étau du tout ou rien, qui dit qu'on peut recalibrer le projet et que l'aménagement de l'aéroport actuel n'est pas non plus impossible ", a réagi Ségolène Royal dans les colonnes du Monde.
Comprenne qui pourra.
En effet, le Premier Ministre juge que le rapport " valide la pertinence du transfert de l'aéroport de Nantes sur le site de Notre-Dame-des-Landes ".
" Un projet surdimensionné " mais " un compromis acceptable " pour Des Ailes pour l'Ouest
Même son de cloche pour l'association Des Ailes pour l'Ouest, favorable au transfert de l'aéroport, qui fait savoir par la voix de son président Alain Mustière : " le rapport dit clairement au regard des contraintes sur l'agglomération nantaise qu'un maintien de l'activité sur le site actuel n'est pas tenable et que le transfert à Notre-Dame-des-Landes est raisonnable et donc se justifie ".
Enfin, la maire de Nantes Johanna Roland, tweete : " le rapport confirme la saturation de l'aéroport de Nantes-Atlantique. Le transfert est nécessaire ".
La décision est normalement suspendue au référendum promis par François Hollande et fixé par Manuel Valls au mois de juin, pour un début des travaux en octobre 2016 en cas de victoire du " oui ".