"Notre ambition est de créer vingt nouvelles coordinations dans les cinq ans"
Interview # Réseaux d'accompagnement

Martine Burel présidente de Femmes de Bretagne et de Loire-Atlantique "Notre ambition est de créer vingt nouvelles coordinations dans les cinq ans"

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Le réseau d’accompagnement pour les femmes qui entreprennent, Femmes de Bretagne et de Loire-Atlantique, fête ses dix ans. Sa présidente depuis un an, Martine Burel, revient sur le chemin parcouru, sur la place des femmes dans l’économie et confie ses ambitions pour le réseau.

Martine Burel, présidente de Femmes de Bretagne et de Loire-Atlantique — Photo : Virginie Monvoisin

Vous êtes présidente de Femmes de Bretagne et de Loire-Atlantique depuis un peu plus d’un an. Quel a été votre parcours et qu’est-ce qui vous pousse à tenir ce rôle ?

J’ai travaillé pendant trente ans dans l’assurance, chez Groupama dans le Finistère, d’où je suis originaire. J’étais inspecteur sinistre, un métier que j’aimais pour l’accompagnement qu’il apporte aux clients. Mais après un bilan de compétences, j’ai changé de voie, pour devenir coach en entreprise. En 2020, je me suis installée à mon compte à Rennes, dans le coaching individuel et la création de phrases inspirantes et positives imprimées sous forme de cartes, sous la marque "La Bretonne est à l’ouest et elle a les pieds sur terre". J’ai adhéré au réseau Femmes de Bretagne en 2021 et suivi tous les ateliers d’accompagnement avant d’investir le bureau. En tant que présidente désormais, je me vois un peu comme un chêne qui protège ses jeunes pousses.

Le réseau fête cette année ses dix ans. Quel regard portez-vous sur la place des femmes dans la société et dans l’économie ?

Je dis souvent qu’on est mal, mais qu’on va s’en sortir ! On a avancé mais il reste plein de choses à faire. Nous comptons aujourd’hui 1 500 adhérentes sur les cinq départements, à qui nous proposons des ateliers, webinaires, marrainages pour les aider à se faire confiance, à rendre les femmes puissantes pour qu’elles ne soient pas dans la soumission. Ma grand-mère ne pouvait pas voter, ma mère ne pouvait pas ouvrir de compte bancaire, moi j’ai tous les droits, mais quels seront ceux de ma fille et de ma petite-fille ? C’est cette crainte qui fait avancer. Rien n’est gagné.

Pourquoi cette peur ?

Beaucoup de femmes ont peur, notamment les jeunes, à cause des messages qui arrivent des États-Unis. Je leur dis : "Donald Trump est une opportunité pour nous, au contraire !", dans le sens où il nous fait dire que nous ne sommes pas d’accord. On ne peut pas éradiquer le mot "femme" et cela nous permet de nous réveiller pour ne pas nous endormir sur nos acquis.

Comment voyez-vous le réseau dans dix ans ?

Certains vous diraient qu’il n’existe plus, cela signifierait que la mixité n’est plus un sujet ! Moi, je souhaite qu’il soit encore plus fort, qu’il montre l’exemple et que chaque adhérente réussisse ainsi à grandir et à prendre sa place, en étant elle-même. Nous devons encore plus cultiver la sororité bienveillante. L’entrepreneuriat est un espace de liberté, mais aussi de contraintes quand on n’y est pas acculturé.

Quel est votre plan d’actions pour faire grandir Femmes de Bretagne et de Loire-Atlantique ?

Nous allons continuer à mailler le territoire pour que chaque femme qui entreprend trouve une solution d’accompagnement à moins de 30 minutes ou à moins de 30 kilomètres de chez elle. Nous devons donc être partout. Actuellement, nous avons 100 coordinatrices bénévoles qui animent 45 coordinations. L’objectif est d’avoir ouvert vingt coordinations supplémentaires d’ici à cinq ans. Nous voulons aussi acculturer les entreprises à la nécessité de la mixité jusque dans les comités de direction. Enfin, nous savons que les subventions qui nous font vivre vont baisser, lors nous avons plus que jamais besoin du don et du mécénat des entreprises. Nous pouvons travailler ensemble pour animer des conférences sur la mixité, sur la prise de parole, etc. Il faut que les entreprises comprennent la richesse d’un réseau de femmes, qui pourront, pourquoi pas, rejoindre un jour leurs rangs et leur apporter.

Un autre réseau d’accompagnement pour les femmes a dû cesser son activité, EAFB (Entreprendre Au Féminin Bretagne). Avez-vous un rôle à jouer pour prendre le relais ?

Nous nous connaissions car la cause des femmes est nationale et internationale. Quand EAFB nous a annoncé ses difficultés, nous ne nous sommes pas réjouies. Nous avons simplement proposé à ses adhérentes de se rapprocher de nous pour les aider, avec ce que nous proposons de différent. Certaines viennent, d’autres ont besoin de temps.

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