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Normandie : Comment les professionnels de la logistique ont vécu les mouvements sociaux contre la Loi travail
Le Havre # Logistique

Normandie : Comment les professionnels de la logistique ont vécu les mouvements sociaux contre la Loi travail

Les mouvements de contestation de la Loi travail adoptée mercredi 6 juillet par l'Assemblée Nationale, ont fortement impacté les professionnels de la logistique et du transport dans la région. Une situation que dénonce le président de LSN (Logistique Seine Normandie) Alain Verna.

Le blocages enregistrés en mai et en juin ont fortement impacté l'activité des acteurs normands du transport et de la logistique. C'est le message qu'Alain Verna, le président de la filière LSN, martèle ces derniers jours.

Chez Toshiba TEC, l'entreprise dieppoise dont il est le P-dg, "l'activité de configuration de copieurs s'est limitée à 1.000 machines au lieu de 1.800 en mai à cause des détournements de conteneurs sur Anvers". Des conteneurs qui d'ordinaire transitaient par Le Havre pour rejoindre l'unité dieppoise du groupe Japonais. Avec une double conséquence: "cela affecte notre résultat sur le mois en cours, mais plus encore notre service client qui fait la valeur ajoutée de notre activité logistique".

"Des pertes en mai de plusieurs centaines de milliers d'euros"

Au Havre, chez XP-Log, ce sont pas moins de 200 personnes qui ont été placées en chômage technique au plus fort des mouvements de grève, explique Olivier Jean-Baptiste: "fin mai nous avons enregistré une perte de plusieurs centaines de milliers d'euros", explique le dirigeant. Spécialisé dans le stockage de textile et denrées agroalimentaires, XP-Log a subi de plein fouet "les mouvements de grève perlée organisés par les dockers" qui ont fortement perturbé un système de prise de rdv pour les chargement/déchargement, déjà mis en cause par nombre de transporteurs routiers. "Au final, nos clients qui ont subi ces blocages nous demandent tous de travailler sur des plans B au cas où cela se reproduirait pour pouvoir sécuriser leurs flux!"

La crainte des représailles en cas de dépôt de plainte

Directeur général de Normandie Logistique (Caen/Rouen), Christian Boulocher rappelle "que une journée de grève par semaine, c'est -20% d'activité hebdomadaire...et cela dure depuis le WE de la Pentecôte!" Comment réagir dans ces conditions? "Les services de l'Etat nous conseillent de porter plainte! Sauf que si nous le faisons, nous nous exposons à des mesures de rétorsions de la part des dockers qui boycottent ouvertement nos chargements...Là, on n'est plus dans le territoire de la République".

Quand les décisions des opérateurs se prennent loin du Havre

Au-delà des conséquences à court termes, ce que redoute le Dg de Normandie Logistique c'est "la perte de confiance de nos clients. Les opérateurs qui gèrent des lignes mondialisées ne supportent pas d'attendre dans les ports, car la durée des escales a un coût, et les prises de décisions se font depuis Singapour, Hong Kong ou Copenhague", loin des quais havrais.

"Des actes de malveillance"

Jean-Philippe Salliot, le dirigeant de Oissel Transport (groupe Charles André) dénonce pour sa part "une entrave à la liberté de circulation et même des actes de malveillance" dont auraient été victimes certains de ces chauffeurs, empêchés d'accéder à certains sites. "En mai, nous avons enregistré -13% de CA et -15% de marge..." en seulement quatre jours d'exploitation perdus.

Alain Verna, le président de LSN, dénonce face à cette situation "une dogmatisme qui date d'un autre siècle". "La CGT revendique? Et bien moi aussi! Je milite pour le partage d'expérience et de compétence, l'ouverture vers le monde plutôt que l'enfermement et le replis sur soi"!

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