En 2013, le chiffre d'affaires de Nexio à l'export s'est multiplié par trois, atteignant 1,3 million d'euros - soit 29 % de son chiffre d'affaires total. « On a appuyé notre stratégie commerciale, explique son président Frédéric Amoros-Routié. Notre grande cible actuelle, les États-Unis, investit à tout va dans tous les secteurs de l'électronique et du high tech. Nous y sommes depuis longtemps mais sans y réaliser un gros chiffre d'affaires. Depuis septembre, nous y passons une à deux semaines par mois et ça fonctionne. Dans ce pays, le cycle de décision pour faire une commande est d'une semaine contre un an en Europe ! » L'Allemagne, premier client produits en 2013 (avant le Japon) de la PME toulousaine, continue aussi de se développer sur le marché de la compatibilité électromagnétique (CEM).
Des produits toujours plus innovants
En parallèle, Nexio a complété sa gamme de produits. Fin 2013, elle a sorti un logiciel qui permet d'automatiser les essais électriques. Trois sociétés allemandes l'ont déjà acheté. Un deuxième produit de mesure des caractéristiques d'antennes vient de sortir, susceptible d'intéresser tous les secteurs qui font de la radiofréquence. Autre produit qui va faire le buzz, un système robotisé (fabriqué par Actemium) doté d'un logiciel pour localiser de manière précise des zones électromagnétiques sur une carte. Ce qui était impossible avant. Sur ce produit, une stratégie de commercialisation a été lancée depuis trois ans, par le biais de trois séminaires annuels sur le sujet, de manière à intéresser les industriels. « Aujourd'hui, le marché est mature. On est en train de le commercialiser dans l'automobile, l'aéronautique, l'énergie. On a beaucoup de touches commerciales car il apporte un gain énorme de temps et de qualité. » Le scanner a déjà été vendu au leader industriel de missiles MBDA. Dès cet été, il s'attaquera à l'export. Et pour renforcer sa stratégie commerciale, Nexio « fait le Carglass de la CEM : nous allons chez le client pour qu'il teste le produit chez lui, en location. » Certains passent à l'achat de cette manière.
Un réseau de distribution à travers le monde
Depuis 2012, Nexio a renforcé ses équipes en embauchant des commerciaux produits, des administrateurs ventes export, des développeurs produits et des ingénieurs électroniques. Elle est ainsi passée de 47 à 62 employés et de 3,5 à 4,2 millions d'euros de chiffre d'affaires aujourd'hui. Après une stratégie à l'export ciblée sur certains pays, l'année 2014 sera celle de l'internationalisation tous azimuts. « Nous voulons aller dans tous les pays, souligne le patron de Nexio. Nous visons en particulier les marchés russes, polonais, coréens où nous ne sommes pas présents et qui sont à fort potentiel. » L'Italie, le Royaume-Uni, le Brésil, le Mexique sont aussi en ligne de mire. Un accord de distribution a déjà été signé en Chine sur une gamme de produits. L'objectif est de créer un réseau de distribution sur trois produits dans 30 à 40 pays. L'entreprise envisage-t-elle de créer des filiales, à l'instar d'Intactis au Canada, fondée en 2012 ? « À moyen terme, oui, confirme Frédéric Amoros-Routié. Une filiale aux États-Unis est à l'étude. »
Ingénierie en essor
Nexio, qui travaille pour les groupes Safran, Zodiac Aerospace, Thales, Astrium ou Lockheed Martin, voit également d'heureuses perspectives pour son services études-ingénierie, qui se partageait en 2013 entre aéronautique, spatial et automobile. « On bénéficie de changements de stratégie achats des grands groupes dans l'aéronautique, l'énergie et l'électronique, qui veulent travailler en direct avec les spécialistes, se réjouit Frédéric Amoros-Routié. On va pouvoir se développer. » LA PME espère aussi investir les secteurs de l'énergie et du nucléaire, qui ne comptaient que pour 5 % de son activité l'an dernier.
Nexio
(Toulouse) Président : Frédéric Amoros-Routié 62 salariés CA 2013 : 4,2 M€
www.nexiogroup.com