Cela fait déjà quelque temps que Nexeya a identifié un segment de marché à investir : celui des nano-satellites. « Les nano-sat sont trouvables partout en kits, mais leur fiabilité laisse à désirer, juge Christian Bec, vice-president development chez Nexeya. Seuls 40 % des nano-satellites qui ont été lancés ont fonctionné ! » Un objet qui est surtout l'apanage des écoles d'ingénieurs. Selon lui, aucune PME ne serait positionnée sur ce marché. L'occasion pour Nexeya de devenir « le premier fabricant industriel de plates-formes de nano-sat fiables et low-cost. » Une ambition qui va pouvoir se déployer dès cet été, grâce au feu vert reçu en mai dernier au terme du 17e appel à projets du Fonds unique interministériel (FUI). L'État va financer à hauteur de 1,13 million d'euros le projet de Nexeya (au budget de 5,4 millions d'euros), les collectivités territoriales devant fournir une enveloppe de 1,16 million d'euros.
Un consortium du spatial en béton sur le Sud-Ouest
Intitulé Elise, ce projet est dédié au développement d'une plate-forme nano-satellite de 10 à 20 kilos, d'une durée de vie entre 3 et 5 ans, et à faible coût - moins de deux millions d'euros. Nexeya, qui attaque le projet dès cet été, s'est entouré « des meilleurs industriels du spatial » : les PME Erems, Steel Electronique, Comat Aerospace, M3 Systems en Midi-Pyrénées ; la PME TDM et le laboratoire IMS en Aquitaine. Autant d'expertises nécessaires pour fiabiliser au maximum cette plate-forme tout en assurant un coût réduit.
Trois types de clients
Qui est ciblé par ce nouveau nano-satellite ? « Les laboratoires pour effectuer des expériences, les grands du spatial comme Astrium et Thales Alenia Space qui veulent tester leurs technologies en orbite, et les acteurs d'autres secteurs sur des applications de télé-relevés, à l'aide de constellations de nano-satellites », précise Christian Bec. Au terme des travaux de développement, prévus sur deux ans, « les premiers clients seront probablement des institutionnels, on commercialisera le produit par la suite. » Le projet Elise s'inscrit dans la continuité du projet Nadege, annoncé lors du salon du Bourget en juin 2013 par Nexeya et la société toulousaine Silicom (qui s'est depuis retirée du projet). Un démonstrateur de nano-satellite complet avait été réalisé, plus petit mais avec certaines caractéristiques semblables comme le fait d'y intégrer deux plates-formes identiques et redondantes, gage de sécurité. « Notre objectif est de le faire voler au cours de l'année pour qualifier ses développements », évoque Christian Bec.
Nexeya
(Paris) 1.000 collaborateurs dont 400 à Toulouse CA à juin 2014 : 125 M€ www.nexeya.com