L'intégration s'est faite sans faux pli. Il y a un an, l'usine Neopost du Lude rapatriait une ligne de production auparavant sous-traitée en Malaisie. Un retour au made in France dans un contexte de baisse des marchés du site sarthois. Le groupe Neopost est en effet spécialisé dans la fabrication de lignes de courrier industrielles, exportées dans le monde entier. Des équipements produits au sein des usines de Loughton au Royaume-Uni, de Drachten aux Pays-Bas et du Lude, avec de la sous-traitance en Asie pour certaines machines. « La dématérialisation des échanges a un impact sur nos gammes de produits, qui sont aujourd'hui à la baisse », souligne le directeur industriel du site sarthois, Philippe Jan. Pour rebondir, la maison mère a ouvert son offre sur des solutions de gestion de flux dématérialisés et de colis. Néanmoins, Le Lude et ses 260 salariés ne sont pas concernés par ces nouveaux produits et restent donc spécialisés sur la fabrication de machines à affranchir. « Il nous faut donc trouver des solutions pour maintenir une taille critique d'activité sur l'usine, qui prennent en compte les aspects économiques et sociaux », poursuit Philippe Jan.
Nouvelles lignes
Ainsi, l'entreprise a mis en place en 2013 une ligne de remanufacturing. Des machines auparavant en leasing reviennent au Lude où elles sont démantelées. Les coques extérieures ainsi que les pièces d'usure sont écartées, et de nouveaux appareils sont assemblés à partir des composants à forte valeur ajoutée. « Le remanufacturing est possible car la machine à affranchir a une durée de vie de 5 à 10 ans. Cela nous permet également de proposer des produits neufs à un prix plus compétitif », indique le directeur de l'usine. Un cercle vertueux que l'on retrouve dans la démarche de réintégration de productions sous-traitées. « En raison de la baisse du marché, l'érosion de nos volumes fait que le coût direct de fabrication en France est aussi intéressant qu'en Asie. » Neopost a ainsi rapatrié en Sarthe la production du module d'approvisionnement en enveloppes de ses machines à affranchir. Un élément sous-traité en Malaisie depuis 2009, représentant une série annuelle de 1.500 à 1.700 pièces. « Comme l'activité baisse, ce genre de transfert devient viable, explique Philippe Jan. Les coûts directs sont équivalents, sans frais de structure supplémentaire. » Résultat, une nouvelle ligne installée au Lude et mise en production début 2015. « Le bilan à un an est positif. La qualité est identique et le prix de revient est dans les cordes. Toutefois, on raisonne à la marge. On ne peut appliquer ce dispositif que sur certains produits à petit volume de production. »
Préserver l'emploi
Grâce à cette intégration, 7 à 8 emplois ont été maintenus au sein de l'usine. L'opération pourrait même être renouvelée dès cette année. Une réflexion est en effet menée pour rapatrier de Chine une production de 2.000 unités par an, à compter de fin 2016. 6 emplois seraient concernés. « Le remanufacturing et le rapatriement d'activités aident au maintien de l'emploi au Lude et nous permettent même de recruter pour compenser les départs en retraite », se félicite Philippe Jan. Car avec une moyenne d'âge supérieure à 50 ans, les effectifs du site sarthois sont amenés à diminuer d'années en années. Ainsi, 7 personnes ont intégré l'usine en 2015 pour compenser les départs et renouveler des savoir-faire tendant à disparaître. En cela, Neopost a pu compter sur les anciens d'Harman à Château-du-Loir, un site fermé fin 2014, dont les compétences en électronique étaient les bienvenues au Lude. Des recrutements qui restent une goutte d'eau à l'échelle du sud-Sarthe. Un territoire encore sonné par les différentes fermetures d'usines de ces dernières années, dont Candia au Lude reste l'exemple emblématique. « Ici, le traumatisme est encore très présent, commente Philippe Jan. D'autant que la réindustrialisation du site se fait attendre. »
Neopost
(Le Lude) Directeur : Philippe Jan CA : 30 M€ 260 salariés 02 43 48 25 50 www.neopost.com