Dites Calais, je vous réponds SeaFrance. La cité portuaire aura été sous le feu médiatique durant tout le mois de janvier et ce n'est sans doute pas fini. Comment pouvait-il en être autrement? Avec 190millions d'euros de dette, la compagnie, filiale de la SNCF, a fait naufrage. À bord, 880 salariés dont 510 ont reçu leur lettre de licenciement. Pour les autres, qu'ils soient représentants syndicaux ou encore en poste comme le prévoit la liquidation, l'avenir est tout aussi incertain. Mais quel autre scénario pouvait être écrit? La compagnie surnageait depuis des années. La faute à qui? À quoi? Les journalistes nationaux ont semblé découvrir une situation connue mais tue localement: une gestion qui n'aurait pas été des plus efficientes, des pratiques particulières au sein de l'entreprise, des grèves à répétition. L'image de SeaFrance était déjà bien entachée auprès des clients du Transmanche. Le tout sur fond d'une guerre larvée côté tarifs. Alors aujourd'hui on peut s'interroger. Pourquoi ne pas avoir initié le dialogue avec Louis-Dreyfus et DFDS? Quel soutien pour la Scop et son projet avec Eurotunnel? Cette structure coopérative, outre un financement de départ important, aura-t-elle les moyens d'assurer le fonctionnement de la structure? Avec un chômage qui frôle les 17% dans le Calaisis, 2012 démarre sous de tristes auspices.
Ségolène Mahias @email
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