Nantes Saint-Nazaire : L’Etat croit-il encore au port ?

Nantes Saint-Nazaire : L’Etat croit-il encore au port ?

Le gouvernement a demandé à des parlementaires d’étudier les pistes pour améliorer la compétitivité de plusieurs ports français. Problème : le port de Nantes Saint-Nazaire ne fait pas partie de la liste.

Le port de Nantes Saint-Nazaire a-t-il encore un avenir aux yeux du gouvernement ? Sur les bords de la Loire, certains se posent sérieusement la question. D’autres y apportent une réponse cinglante. Pour la CCI de Nantes Saint-Nazaire et les représentants de la place portuaire locale réunis au sein de l’UMNP, l’Etat « ignore » l’infrastructure ligérienne. Les organisations patronales dénoncent « le désintérêt de l’Etat » pour le port de l’estuaire de la Loire
dont les trafics baissent depuis plusieurs années.




Atlantique : le grand désert

En cause, les trois missions que vient de confier Manuel Valls à plusieurs parlementaires. Ces missions doivent permettre d’améliorer la compétitivité des ports et de « faire de la France une grande porte d’entrée maritime de l’Europe ». Cette porte d’entrée ne passera ni par Nantes, ni par la façade atlantique. C’est cela qui émeut les acteurs de la place portuaire locale. Les missions parlementaires portent en effet sur les ports du Havre et de Rouen, de Dunkerque et, enfin, de Marseille-Fos. Premier port de la façade atlantique et quatrième port de France, Nantes Saint-Nazaire ne fera l’objet d’aucune étude.




Appel à la mobilisation

La CCI fait part de son « incompréhension », en rappelant que le port de Nantes Saint-Nazaire représente 25.000 emplois directs et indirects. Sur les bords de la Loire, l’heure est à la mobilisation générale. « Nous demandons à tous les élus du territoire de nous aider à nous faire entendre du gouvernement afin que ce dernier respecte l’engagement de l’Etat vis-à-vis du grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire », indique la CCI et l’UMNP. Cet appel devrait certainement trouver écho au sein du conseil régional. Son nouveau président,
Bruno Retailleau, a récemment déclaré que le port constituait l'une de ses priorités et que le conseil régional était prêt à en devenir actionnaire.