Ancien dirigeant dans l’automobile, le directeur du site GE de Nancy, David Furlan, concède sans difficultés avoir eu « un choc », en voyant comment est organisée la production dans l’usine General Electric de Champigneulles, dans l’agglomération nancéienne : « Les flux sont complexes, c’est une aberration opérationnelle. Notre objectif est de réorganiser tout cela en Lean, pour obtenir des flux lisibles, rapides, permettant de dégager plus de valeur ajoutée ». Le groupe américain (CA : 125 Md$ ; Effectif : 350.000) a confirmé son soutien à ce projet mais garde secret le montant total de l’investissement nécessaire.
Un moteur toutes les huit heures
Fabricant de moteurs électriques destinés aux marchés du pétrole et du gaz, de la marine ainsi qu’à l’éolien, le site GE de Nancy, situé rue de la Rompure à Champigneulles, est devenu centre d’excellence mondial pour le groupe dans les machines à induction. Capable de produire des moteurs de 280 tonnes destinés à convertir en énergie le gaz de schiste américain avec un rendement de 90 à 95 %, l’usine veut complètement revoir son modèle. « Notre projet pour 2020, que nous avons baptisé Brillant Factory, c’est d’aller vers l’excellence opérationnelle pour être capable de passer d’un moteur par semaine à un moteur toutes les huit heures », détaille David Furlan. A l’horizon 2020, GE veut produire dans l’agglomération nancéienne 1.000 moteurs par an, contre 200 aujourd’hui. Soit un bond de 500 %. « Le tout à " iso mètre carré " », souligne le directeur du site. « Nos process devront devenir plus compacts. »
Dès 2017, l’usine aura presque doublé sa capacité de production. « Nous allons aussi investir dans de nouvelles machines, connectées et digitalisée », souligne Laurent Gehin, le responsable de la production sur le site. « L’ambition est de pouvoir analyser en permanence les machines, de façon à être capable de prédire une panne. » Cette stratégie est portée par l’ambition d’aller conquérir des marchés porteurs : l’éolien sur lequel les équipes de GE comptent placer 350 moteurs « DFIG » de 3,4MW par an ; l’industrie, la marine et les hydrocarbures avec une nouvelle génération de moteurs, baptisés « NHP », d’une puissance supérieure à 5MW et d’une très haute densité.
Un nouveau bâtiment
Pour les pays en voie de développement, GE a développé un système intégré, tenant sur un camion, permettant de produire de l’énergie électrique à partir de gaz. « Le groupe sait que le site de Nancy a une longue tradition dans l’innovation », souligne Jean-Charles Mercier, directeur de la stratégie Pétrole et Gaz pour le groupe GE. « L’usine a tout en main », insiste David Furlan : le nouveau directeur a profité d’une visite d’un préfet de Meurthe-et-Moselle pour expliquer que ses équipes étaient à la recherche d’un nouveau terrain. L’objectif est de construire un nouveau bâtiment de 5.000 m² dédié aux tests. Autour du préfet, les élus présents ont bien reçu le message.
GE Energy Power Conversion France (Champigneulles - 54) : Effectif : 473 ; CA : 120 M€.