Nadia Kamal, Créalys : «Les banques suivent pleinement les projets que nous incubons»
# Création d'entreprise

Nadia Kamal, Créalys : «Les banques suivent pleinement les projets que nous incubons»

Le premier incubateur public de France fêtera ses dix ans le 21septembre à l'ENSLettres, à Lyon. L'occasion de faire le point avec sa directrice, Nadia K

amal.


Quel bilan dressez-vous des dix années écoulées?

220 dossiers ont été incubés et 112 entreprises créées, avec une équipe de cinq personnes et un budget de 1M€ par an. La dépense totale par entreprise créée est en moyenne de 23.000 €. Les entreprises créent en moyenne six à huit emplois.


Quels sont vos moyens?

Nos financements sont constants depuis la création, sans augmentation de la part des financeurs, le principal étant la Région Rhône-Alpes, puis le ministère de la Recherche et le Grand Lyon. Nous avons récupéré environ 200.000 € prêtés aux incubés, il nous en reste environ 1M€. Nous sommes dans une démarche de responsabilisation du créateur: nous lui avons prêté de l'argent, il doit rembourser en fonction de ses possibilités, à partir de la 3e année. Si l'entreprise ne marche pas on n'insistera pas. Nous avons également des sponsors privés, tels que Merck, Mederic et Merial, ainsi que deux banques, la BNP et la Banque populaire, qui accompagnent en temps homme chacune trois dossiers en ingénierie financière.


De nouveaux acteurs de la création d'entreprise ont fait leur apparition. Quelle est la place de Créalys?

Oui, depuis trois à cinq ans, de nouvelles structures ont vu le jour; tout le monde est en train de prendre sa place. Un des points forts de Créalys est d'être très lisible, très clair et très strict sur sa mission. Nous accompagnons* jusqu'au jour de la création, en collaboration avec la recherche publique, sur notre territoire : l'Ain, la Loire et le Rhône. Puis les entreprises sont suivies par des structures de post-création.




Avez-vous plus de dossiers depuis l'entrée en crise?

Oui, nous avons de très bons dossiers issus de la recherche. À fin juin, on était déjà à onze incubés; on s'attend à avoir à peu près plus du double en fin d'année. Ce qui fera 23 à 24 entreprises créées, contre 19 en moyenne par an. Et les banques suivent, nous assistons même à une ?bataille? des banques! Les porteurs de projet innovant ont le choix !


Quelles sont vos priorités?

Ces dernières années, nous avons accentué la sensibilisation des chercheurs. 1.200 personnes sont sensibilisées par an, soit dans les laboratoires de recherche publique, soit dans les écoles doctorales, auprès d'associations de doctorants, d'étudiants, des clusters de recherche, et de tout rassemblement permettant d'atteindre les chercheurs. Nous accentuons aussi nos séminaires et formations des porteurs de projet, en particulier sur le plan commercial et de la communication.




Quels sont les freins à la création d'entreprise?

Les soucis sont communs à tous les incubateurs de France. Le premier écueil est l'envergure du manager, or il faut une personne capable de parler avec des ?technologues?et des personnes du monde des finances. Le second est qu'on n'arrive pas à avoir des managers qui fassent grossir l'entreprise en nombre d'emplois. Au niveau de Créalys, nous effectuons du coportage. Cela permet de mettre en relation des personnes qui ont un projet, mais n'ont pas envie de le porter, avec des candidats entrepreneurs. Une piste que nous développerons prochainement, avec l'Aderly, sera de faire venir des Français installés à l'étranger pour créer leur entreprise à Lyon.




* La sélection est effectuée par un comité exécutif et un comité d'engagement qui réunit des investisseurs, des institutionnels, des chercheurs et des industriels. Créalys est spécialisée sur les sciences de la vie, les technologies de l'information, les technologies de l'ingénieur, les cleantech, les sciences humaines et sociales. - www.crealys.com

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