«La croissance d'une entreprise ne vient pas par hasard. Elle doit être inscrite dès le départ du projet. Notamment dans son montage financier.» Cette observation de Gil Coppey, adjoint à la déléguée générale de France Initiative, résume l'équation qui se pose d'emblée à tout porteur de projet de création et de reprise. Il faut s'employer à construire un montage financier cohérent, avec les besoins de l'entreprise, immédiats mais aussi à venir.
Partir avec des fonds propres importants
Tous les spécialistes rencontrés au fil de notre enquête insistent sur deux points: la nécessité de partir avec des fonds propres «suffisamment importants pour pouvoir revenir voir son banquier au bout de 18 mois»; et l'intérêt de jouer des effets de levier pour tendre à un ratio fonds propres/endettement raisonnable.
Concours et prix dans l'innovation
La constitution des fonds propres au-delà de son strict apport personnel impose de repérer l'ensemble des pistes potentielles. La solution la plus immédiate est le recours à ses proches, la love-money, avec ses limites (voir encadré). Dans le champ de l'innovation, des concours débouchent sur des prix ou bourses toujours bienvenues. Des sites internet offrent aujourd'hui à des particuliers la possibilité d'investir sur des projets. Les prêts d'honneur accordés sans intérêt, ni caution, ni garantie par les nombreux réseaux d'accompagnement constituent un moyen efficace, à la condition d'avoir l'humilité d'accepter de soumettre son projet à l'expertise, au regard des autres.
«Construire des projets crédibles»
«Nos prêts sont le miel qui attire mais notre mission, c'est d'abord d'aider nos adhérents à construire des projets crédibles pérennes», rappelle Robin Lecat-Foveau, président d'un Club des créateurs et repreneurs d'entreprise. Les banquiers ne s'y trompent pas. L'accompagnement est un gage de crédibilité.
Le PCE d'Oséo: un classique
Autre source: les business angels (lire ci-contre). Dans le domaine de l'innovation, songez aussi aux fonds d'amorçage. Même si le franchissement de la "vallée de la mort" entre la conception du produit ou service et sa commercialisation reste difficile. Impossible de conclure ce chapitre sans évoquer le rôle essentiel d'Oséo, bras armé de l'État, avec son prêt à la création d'entreprise (PCE) et ses dispositifs en faveur du soutien à l'innovation (www.oseo.fr).
Monter son plan de financement est un exercice qui peut s'avérer compliqué. Surtout quand on a peu de fonds propres. Mais des aides, et des réseaux, existent.