Filiale du groupe Adecco née de la fusion toute récente de Datavance (Paris) et d'Ajilon IT consulting (Villeurbanne), la SSII Modis devait débarquer en force ce mois-ci sur Saint-Étienne, avec 40 salariés et des locaux sur Châteaucreux. Objectif: se rapprocher d'un gros client, un client à un million d'euros, le groupe Casino. Mais à quelques jours du lancement de l'activité stéphanoise de Modis, Casino vient de faire marche arrière!
Référencés
Prestataire du groupe Casino pour le support informatique de ses magasins, Modis (et Ajilon auparavant), travaillait depuis 8 ans pour le groupe stéphanois de grande distribution. «Depuis quelques mois, nous avions même réussi à être référencés. Cela nous permettait d'avoir accès à tous les appels d'offres», rappelle Sylvie Nespola, ingénieur d'affaires de Modis France en charge du dossier stéphanois. Alors que jusqu'ici Modis et ses concurrents mettaient du personnel à disposition de Casino, ce dernier a décidé, en mai dernier, d'externaliser cette fonction. En clair, ses prestataires doivent désormais se charger de cette mission dans leurs propres locaux, et sous leur seule responsabilité. «C'est un vrai changement. Désormais, il ne s'agit plus de vendre du temps mais un résultat», poursuit l'ingénieur d'affaires.
40 emplois
Dans le cadre de cette externalisation, Modis France et un de ses concurrents, le Lyonnais DCS, ont été retenus contractuellement. «Nous avons toujours été deux chez Casino. Nous avions 20 personnes de Modis chez Casino, et 6 de DCS». Modis voulait profiter de ce contrat pour engager une stratégie plus globale de développement sur la Loire et prévoyait ainsi d'installer une plateforme sur la cité Grûner à Châteaucreux. Avec 40 emplois à la clé immédiatement: les 20 salariés jusqu'ici intégrés à Casino et 20 postes dédiés à un client lyonnais. «Notre centre lyonnais ne nous offrait pas la surface nécessaire pour ce développement. Nous avions fait le choix de Saint-Etienne car le marché du travail nous semblait plus favorable ici pour le recrutement. Et puis, nous voulions entrer dans une vraie logique de partenariat avec Casino. Ils avaient simplement à traverser la route pour discuter avec nous», rappelle celle qui devait prendre la responsabilité de cette nouvelle agence Modis. «Depuis le mois de mai, nous recrutons des Stéphanois pour cette agence. Leur contrat de travail ne prévoit un poste à Lyon que pour quelques mois» Mais quelques jours seulement après avoir signé le bail, courant octobre, coup de tonnerre. Casino dénonce le contrat et retient DCS comme unique prestataire. Modis ne peut poursuivre son implantation à Saint-Étienne et décide de maintenir son équipe lyonnaise à Caluire-et-Cuire (69). «Il semblerait que le groupe Casino ait dû diviser par deux son budget informatique... Les conséquences sont importantes pour nous. Car même si Casino va régler des pénalités d'interruption, cela ne couvre pas tout. Pour l'instant, nous ne savons pas si le bail de Châteaucreux va être repris, nous étions sur un bail 3/6/9 et puis, il y a toutes les fournitures commandées. Sans compter les indemnités de licenciement de tous les Stéphanois qui ne souhaiteront pas nous suivre sur Lyon. Cela représente quand même des dizaines de milliers d'euros», regrette Sylvie Nespola. Joints à maintes reprises, le groupe Casino et DCS n'ont pas souhaité s'exprimer.
Modis France
(Paris)
CA 2012: 120M€ Effectif: 1.600 salariés dont 440 dépendant du centre lyonnais www.modisfrance.fr