Vincent Feltesse a annoncé la mise en place d'un plan urgence mobilité, qui doit s'inspirer des conclusions du Grenelle. Satisfaits?
Nicole Pizzamiglia: Nous sommes d'autant plus satisfaits que la conclusion du Grenelle des mobilités tient en une phrase: priorité à l'économie. Ce fût pour nous une agréable surprise. Les deux pré-rapports oubliaient l'activité économique. Nous avons menacé de ne pas signer et nos arguments ont été entendus. Alain Cougrand: En fait, un consensus est apparu rapidement avec les autres participants au Grenelle (associations environnementales, représentants des salariés, des usagers des transports... ndlr) sur le constat et la volonté de trouver des solutions. Mais si nous étions d'accord sur le fond, nous n'étions pas d'accord sur les mots. Les premières ébauches de conclusion étaient trop floues. Le développement économique a finalement été replacé au centre des débats.
Serez-vous associés aux mesures qui doivent découlées du Grenelle?
A.C.: Nous avons déjà rencontré Vincent Feltesse fin octobre pour évoquer les conclusions du Grenelle. Nous espérons être consultés pour la suite des décisions. Parmi les 18 mesures proposées figure le contrat entreprises, employés et collectivités. Il nous a été proposé d'être chef de file pour la mise en place de ce projet, ce qui est très bien. Mais nous voulons aussi être associés aux projets sur les livraisons urbaines, la logistique et l'avenir de la rocade. Nous espérons également être sollicités sur la mise en place d'une agence du temps. N.P.: On ne lachera pas sur la mise à 2x3 voies de la rocade et la création d'une liaison express entre la gare Saint-Jean et l'aéroport. Avec la mise aux normes autoroutières de l'A63, les flux Nord-Sud de poids lourds vont exploser. Il faut s'interroger sur l'absorption de ce trafic.
Vincent Feltesse répète que la mise à 2x3 voies de la rocade coûterait plus de 500M€, et qu'il ne les a pas...
A.C.: Arrêtons de dire qu'on ne peut pas financer! Il faut combattre l'idée qu'il n'y a pas d'argent. Il suffit d'arbitrer entre certaines dépenses.
Croyez-vous encore au projet
de grand contournement autoroutier?
A.C.: Ça fait 10 ans qu'il y a urgence! Il serait temps de prendre le dossier à bras-le-corps. Aux élus de prendre leurs responsabilités. Pour ce qui est du financement, l'argument du manque d'argent public ne tient pas: il faut privilégier un partenariat public privé N.P.: J'ai interpellé Alain Juppé récemment sur le grand contournement, et il doit me recevoir prochainement à ce sujet. Philippe Madrelle indique qu'il n'est pas défavorable au projet. Vincent Feltesse déclare qu'il ne s'est jamais exprimé contre... Le Médoc et la Haute-Gironde attendent le grand contournement. Le port du Verdon également.
Actuellement, les projecteurs sont plus braqués sur l'économie que sur l'écologie. La crise peut-elle vous aider?
A.C.: La crise aide à faire comprendre la réalité des choses. La France n'est pas un petit village isolé. Notre système social n'a de sens que si on peut le financer. Les politiques doivent avoir une vision à long terme du pays, mais aussi des territoires. Les élus de la CCI vont faire des propositions dans ce sens. La CCI doit plus que jamais jouer son rôle de représentant des acteurs économiques.
Interview Nicole Pizzamiglia et Alain Cougrand ont participé au titre de la CCI au Grenelle des mobilités initié par la Cub. Ils souhaitent être associés aux futurs choix.