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Mobidiq invente la gestion intelligente du mobilier de bureau
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Mobidiq invente la gestion intelligente du mobilier de bureau

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Né il y a quelques mois à Sophia Antipolis, Mobidiq a créé un outil innovant pour inventorier le mobilier de bureau et surtout connaître et suivre son état fonctionnel pour savoir s’il doit ou non être changé. De quoi faire des économies, à la fois en monnaie sonnante et trébuchante, et en CO2.

Valérie et Julien Bacon ont fondé Mobidiq en 2024 pour gérer facilement le mobilier de bureau — Photo : Olivia Oreggia

Ce Mobidiq fait évidemment référence au cachalot d’Herman Melville. "Nous avions entendu que les baleines étaient des alliées naturelles de l’homme grâce à leur capacité à capter et séquestrer du carbone", expliquent Valérie et Julien Bacon, ses fondateurs. Il est aussi l’acronyme de "Mobilier Inventorié, Diagnostiqué et Qualifié". Ou comment redonner de la valeur aux meubles de bureau pour réduire leur impact environnemental et faire des économies. La jeune entreprise a créé pour cela un outil innovant.

Des meubles comme des "consommables"

Au départ de Mobidiq, il y a Ergo Office (6 collaborateurs) à Sophia Antipolis, racheté par le couple en 2015, spécialiste de l’aménagement de postes de travail ergonomiques pour des clients tels Amadeus, Pharmalex, l’industriel Vishay, des offices notariaux ou des cabinets comptables qui se soucient de près du bien-être de leurs collaborateurs. Élément de la fameuse qualité de vie au travail (QVT), qui alimente la croissance à deux chiffres d’Ergo Office, pour un chiffre d’affaires approchant le million d’euros.

Néanmoins, le mobilier en entreprise reste peu valorisé. "Il est considéré comme un consommable, souligne Julien Bacon. Et non comme un investissement. Une ramette de papiers ou un bureau sont un peu traités de la même façon. Quand on arrive avec un siège ergonomique ou un bureau réglable en hauteur, on nous demande souvent de reprendre l’ancien qui part sinon à la benne, même quand il est de très bonne qualité." Ainsi est né Mobidiq, pour éviter le gaspillage que rien n’interdit si ce n’est le bon sens. Si la loi AGEC contraint les acheteurs à acquérir 20 % de biens issus du réemploi, les entreprises privées ne sont pas concernées.

Inventaire complet et réparations sur place

Mobidiq a donc développé, avec un prestataire, un logiciel permettant de répertorier le mobilier, de le classer selon son état et d’avoir une estimation de son coût de réparation ou de nettoyage. "Nous dressons un inventaire complet, explique Valérie Bacon. On sait par exemple si l’assise du siège est tachée, le pied de la table abîmé, le vérin du fauteuil cassé… L’entreprise a alors un rapport détaillé de l’ensemble de son mobilier selon différentes classes : A c’est quasi neuf, B et C il y a des réparations à prévoir, D à donner, E à vendre." Le CO2 économisé est également calculé. Des données que l’entreprise peut facilement intégrer à sa CSRD (directive européenne en matière de durabilité) ou son rapport RSE.

Mobidiq propose aussi la réparation menée par des chantiers d’insertion professionnelle, comme Soli-Cités à Grasse. "Nous tenons à ce que cela soit fait sur place." Les deux dirigeants rêvent pour cela d’avoir leurs propres camions qui feraient office de "chantiers mobiles". En attendant, les premières réparations se sont déroulées en février. "Chez un des clients, 85 sièges ont été récupérés, démontés, nettoyés et remontés pour obtenir 62 sièges reconditionnés en parfait état."

Un maillage national

C’est un nouveau métier qu’ont créé Valérie et Julien Bacon, accompagnés par Réseau Entreprendre Côte d’Azur, Initiative Côte d’Azur et Les Premières Sud. Une offre nouvelle qui séduit. Les deux dirigeants sont de plus en plus sollicités pour "apporter du conseil sur l’aménagement en seconde vie".

Les premières embauches devraient rapidement suivre. Mais "plus que de savoir "combien" d’emplois nous créerons, la question est surtout "où", souligne Julien Bacon, car nous recevons des demandes au-delà de la région Sud. En mars, nous allons par exemple aménager 25 postes de travail près de Nantes uniquement avec du mobilier de seconde vie."

L’objectif est de mailler l’ensemble du territoire pour que des équipes puissent travailler sur chaque projet et chaque mission, avec des partenaires de l’ESS en local, au plus proche des clients.

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