Six heures du matin, vendredi 13novembre au MIN de Rouen. Bruno Le Maire arpente les étales de la Halle Marée à la découverte des produits locaux et des attentes des poissonniers. Ainsi, à l'étale de Franck Gueroult, qui s'occupe de la diffusion des produits de la Saurisserie Delgove, depuis 1989, le ministre prend la mesure de l'inquiétude de la profession: «Il faut préserver les produits tels que les nôtres, car de nombreux produits ont été démocratisés et parfois au détriment de la qualité. Nos savoir-faire sont en jeu. Certains de nos métiers ont déjà été perdus, attention à ne pas en perdre d'autres».
Des filières menacées
Plus loin, le candidat à la présidence de la Région est interpellé par un maraîcher: «On vend en dessous du prix de revient, ça ne peut pas durer. Nous, on n'a pas la PAC, pas d'aides directes!». Sur ce point, le ministre fait sa première annonce avec une diminution du coût du travail pour les salariés saisonniers. Pour le ministre: «Si trop de marges sont prises par les distributeurs, il faut que celles-ci soient réparties plus équitablement. Moi, je redoute le moment où il n'y aura plus de producteurs en France! La question c'est: Est-ce qu'on veut garder des producteurs de qualité en France? Je veux maintenir la qualité en France, et trouver un équilibre économique pour les producteurs».
Les annonces du ministre
Pour étayer son propos, le ministre annonce un renforcement de l'Observatoire des prix et des marges. Le problème du coût du travail est aussi posé, explique Paul Merville, président du Comité technique du MIN de Rouen: «On ne peut plus vendre nos produits car ils sont trop chers pour la ménagère et nous, on ne fait plus de bénéfices». À cela, Bruno Le Maire annonce la diminution du coût du travail saisonnier: « Ainsi, on se rapprochera de nos concurrents». Quant à la pêche, le ministre explique qu'il ne faut pas aller trop vite au sujet de la nouvelle réglementation technique prévue par la commission européenne: «Nous n'acceptons pas ce projet en l'état. Il doit encore être travaillé. Notre soutien par rapport à la filière est déterminé». Enfin, le ministre de l'Alimentation souhaite également bâtir: «Une politique publique de l'alimentation en France» et se dit: «Choqué par les chiffres de l'obésité. Il faut soutenir la restauration collective afin que les Français soient mieux nourris avec une alimentation plus saine».
Ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche, Bruno Le Maire, également chef de file UMP en Haute-Normandie pour les prochaines élections régionales, est venu prendre la température au MIN de Rouen le 13novembre dernier... Et faire quelques annonces.