Sur 160 entreprises rhônalpines dédiées au secteur de la microélectronique, 145 sont basées en Isère. En effet, le pôle Crolles-Grenoble est un des clusters européens les plus importants au côté de celui de Dresdes en Allemagne. «La microélectronique est un des moteurs essentiels du développement économique du département», a insisté Alain Cottalorda, président de l'Agence d'études et de promotion de l'Isère (AEPI), lors de la présentation en octobre d'une étude sur la micro-électronique réalisée à l'initiative de la Drire et de l'AEPI.
Signes d'optimisme
Avec des acteurs majeurs de la filière comme STMicroelectronics, Soitec ou le CEA-Léti, la filière iséroise peut compter sur d'importants programmes de recherche comme Nano 2012. Sans oublier le dynamisme du pôle de compétitivité Minalogic. Mais même si, globalement, les entreprises continuent d'innover, elles sont aussi beaucoup touchées par la crise. «Le marché du semi-conducteur s'est très fortement dégradé à partir du 4e trimestre 2008, analyse Jean-Marc Mélique, délégué général du syndicat de la microélectronique et nanoélectronique, le Sitelesc. Mais, même s'il faut rester très prudent, on voit apparaître des signes d'optimisme. Les analystes tablent sur une croissance mondiale du secteur de 14% en 2010, de 28% en 2011 et de 18% en 2012.En septembre2009, l'Europe a progressé de 8,8%, les États-Unis de 6,2% et l'Asie de 10,9%. Néanmoins, ces bons résultats sont à relativiser dans la mesure où le marché a accusé une perte de 20% sur l'année 2009 par rapport à 2008.» Surtout, la France risque de ne pas bénéficier de la reprise au même rythme. «Il y a des signes encourageants, mais on atteint tout juste le point zéro», note le délégué général.
Plans de restructuration
En attendant des jours meilleurs, la plupart des groupes du secteur n'échappent pas à des plans de restructuration: baisse d'effectif, réorganisation de la production... L'étude présentée par la Drire et l'AEPI préconise des plans d'action pour aider la filière, notamment les équipementiers, pour qui la reprise n'est pas attendue avant 2011. Ceux-ci doivent donc chercher des relais de croissance ailleurs, comme en Asie, ou se diversifier, notamment dans le photovoltaïque. L'enjeu est d'autant plus important pour les entreprises locales de la sous-traitance, qui sont dépendantes à près de 90% de la micro-électronique. Le rapport préconise aussi des actions collectives. L'idée est que les acteurs de la filière aillent «chasser en meute».
Le secteur du semi-conducteur a été fortement touché par la récession. Du coup, les groupes se restructurent et tentent de se diversifier en attendant la reprise.