Michel Viu : Le patron met les voiles en 2010

Michel Viu : Le patron met les voiles en 2010

Ancien de la grande distribution, Michel Viu, 48 ans, aujourd'hui responsable d'un centre de formation à Langueux, s'est lancé un nouveau défi: 4 ans de courses au large avec son fils sur un Class40 équipé d'un moteur électrique. Départ prévu en 2010. Bénédicte Hascoët

«Je suis un fou de voile, je pratique ce sport depuis mes 14 ans.» Pourtant, rien ne prédestinait Michel Viu, fils de commerçants du Gers, a se lancer dans une telle aventure. Son projet? Quatre années de courses de voile sur un bateau Class40 de 40 pieds (12,19m) et 4,50m de large, de 2010 à 2013. Quatre ans de compétition en solitaire ou en double, avec son fils Matthieu. Route du Rhum, Transat Jacques Vabre, Québec-Saint-Malo, etc. Des épreuves prestigieuses pour ce chef d'entreprise qui a démarré la course au large il y a un peu plus de trois ans. À 15 ans, il quitte sa région d'origine pour «être à proximité de la grande bleue.» Il s'engage dans la marine et intègre l'école de mousses de Brest. Six ans plus tard, il quitte l'armée. «Je n'aimais pas trop le côté militaire», avoue-t-il. Il décide de reprendre ses études. Fils, petit-fils, arrière-petit-fils... de commerçants, il poursuit naturellement la tradition familiale et s'inscrit à l'école de commerce de Rouen. Diplôme en poche, il entre dans le groupe Rallye, d'abord comme chef de rayon. Il gravit rapidement les échelons et devient directeur d'hypermarché. Il abandonne le groupe (racheté par Casino entre-temps) pour Intermarché et devient propriétaire d'une grande surface à Nevers.




Des formations adaptées aux besoins des magasins

En 2005, il cède son magasin de Nevers après 7 ans d'activité pour «revenir en Bretagne» où il reprend ITC à Langueux, un centre de formation aux métiers de la grande distribution. L'institut, créé en 2001, ne va pas au-delà du bac. Dès la rentrée 2006, le nouveau directeur lance trois BTS en alternance (management des unités commerciales, assistant de gestion, négociations et relations commerciales). «Je connaissais bien les besoins des magasins, on parlait le même langage. Au sein du groupe Intermarché, j'avais déjà des responsabilités sur la formation.» Aujourd'hui, ITC accueille plus de 100 jeunes sur des formations qualifiantes et diplômantes. «Nous travaillons avec plus de 90 entreprises, de tous les secteurs, essentiellement sur les Côtes-d'Armor.» Deux nouveaux BTS verront le jour à la rentrée prochaine (comptabilité et gestion des organisations et un BTS lié aux métiers du transport).




«Zéro carburant fossile»

C'est en 2005 que Michel Viu fait ses premières courses au large, «sur des 6,50m». «J'ai commencé par la croisière, puis j'ai découvert le monde de la Régate et des bateaux de course». En 2006, après un aller-retour Les Sables-d'Olonne-les Açores en solitaire, il décide de se lancer sur un nouveau projet «avec un bateau plus grand». Il monte le dossier avec Matthieu, son fils de 24 ans, à qui il a transmis très tôt le virus de la voile. Le jeune homme en a d'ailleurs fait son métier, il est moniteur de voile dans le Morbihan. C'est lui qui est responsable de la construction du bateau de course. Un voilier qui devrait fonctionner «uniquement avec des énergies propres, un moteur électrique, ce qui n'existe pas encore sur un bateau de ce poids (4,5 tonnes environ), alimenté par de l'énergie solaire, une éolienne, etc. Aujourd'hui, tous les bateaux ont un moteur thermique. Nous voulons trouver une autre solution, avec zéro carburant fossile.» Car les Viu, père et fils, souhaitent profiter de ce défi pour transmettre leurs convictions environnementales, notamment par leur soutien à l'association de défense de l'univers marin Surf Rider Foundation, dont ils sont membres. La construction du Class 40 doit démarrer cet été. «On se donne six mois pour pouvoir ensuite s'entraîner tous les week-end.» Première étape du périple en 2010: le Triangle Open en double, puis la Route du Rhum. Pour cette course en solitaire, c'est Michel Viu qui prendra la barre. Suivra la Transat Jacques Vabre en double en 2011. Le budget global de l'aventure s'élève, lui, à 800.000€.




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