«2010 est une année importante pour BNP Paribas, nous fêtons nos dix ans», se réjouit Michel Pébereau. Plusieurs objectifs étaient attribués au projet de fusion: trouver un équilibre entre les activités de détails, le financement et l'investissement ainsi que les activités de gestion d'épargne: «Ce modèle, on s'y est tenu, tout en faisant grandir la banque. Ce socle de banque de détail a bien résisté à la crise et la banque d'investissement est l'une de celles qui a le mieux résisté. Nous avons été constamment bénéficiaires pendant la période de crise». Une stratégie qui prévoyait également une croissance externe et qui a doublé les effectifs du groupe en dix ans.
Crise et plans de rigueurs «
L'analyse et le contrôle des risques faisaient aussi partis de nos premiers objectifs: c'est ce qui nous a permis de traverser la crise sans dommage. Nous n'avons jamais eu besoin d'être renfloué par l'État», se félicite le patron de BNP Paribas. Sur les suites de la crise et les plans de rigueurs qui s'enchaînent en Europe, il estime que la zone Euro a réagi: «Efficacement» pour traiter les difficultés de la Grèce. Et pour lui, le plan de soutien potentiel de 750milliards décidé par les Européens est: «Le signe de l'efficacité. L'Euro n'est pas menacé dans son existence».
Banques et traders
Sur le comportement des banques face à la crise, il estime que celles-ci: «Ont fait leur devoir», s'appuyant sur une étude IFOP qui montre que 90% des patrons français sont satisfaits sur leurs demandes de crédits et qu'ils le sont dans la même proportion de leur conseiller. «La réalité, c'est que nos clients considèrent qu'ils n'ont pas de problème avec leur banque», assure-t-il. Enfin, à l'heure où les traders américains vont toucher les plus gros bonus de leur histoire, Michel Pébereau insiste sur la nécessité de ne plus pénaliser les banques françaises face à cette situation: «Nous avons été les premiers à être exemplaires mais ça ne peut plus tenir, car les USA et l'Asie n'ont pas fait la même chose. Du coup, nous perdons des éléments importants de nos effectifs. C'est une concurrence déloyale! Il faut que nos opérateurs de marché restent en France, nous en avons besoin. Je préfère avoir des gens qui gagnent 500.000€ et qui les dépensent en France, plutôt qu'à l'étranger».
Présent pour une réunion d'actionnaires à Rouen le 27mai dernier, Michel Pébereau, président du groupe BNP Paribas, est revenu devant la presse sur les plans de rigueur européens, les bonus des traders, et le comportement des banques face à la crise.