Il semblerait que les entreprises de la région ne se soient pas appropriées le dispositif de la médiation des relations inter-entreprises industrielles et de la sous-traitance. Lancé en avril2010, celui-ci doit aider à résoudre les difficultés relationnelles entre un client et son fournisseur.
Crainte de représailles
En effet, seules six saisines ont été reçues par les médiateurs délégués en région, Frédéric Pallu et Samuel Bardi, parmi lesquelles on dénombre une médiation collective et cinq individuelles et nominatives. À croire que la loi du silence règne en maître. «Les éventuels demandeurs craignent des représailles», justifie Jean-Claude Volot, le médiateur national. Certaines entreprises préfèrent donc se regrouper pour se donner plus de poids et, par là même, jouer la carte de la confidentialité. Pourtant, sur le plan national, un an après sa mise en application, ce dispositif s'est véritablement généralisé dans les relations du travail. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: plus de 200 saisines ont été reçues. Elles concernent 14.000 entreprises et 450.000 salariés. Un bilan qui a de quoi ravir Jean-Claude Volot. D'autant que «nous observons un taux de succès avoisinant 85%!», assure t-il. Les motifs de désaccords sont disparates mais sont liés, à 80%, au non respect de la loi. Sont principalement concernés les secteurs de l'aéronautique et du luxe. «Ils réalisent des profits records mais sont loin d'être exemplaires», assène Jean-Claude Volot. Il est prévu, d'ailleurs, d'élargir ce dispositif à d'autres filières, notamment la grande distribution et à l'automobile, et de mettre en place un label pour récompenser les entreprises ayant mis en place des bonnes pratiques d'achat.
Charte de bonnes pratiques
D'ailleurs, lors de la venue à Nantes du médiateur national de la sous-traitance, le 14avril dernier, six représentants d'entreprises de Loire-Atlantique (le groupe Charier, ACB, Man Diesel, Armor, Sercel et Manitou) ont signé une charte de bonnes pratiques. Tous s'engagent pour des relations responsables et durables dans une démarche de progrès vis-à-vis de leurs fournisseurs. Et gare à ceux qui se risqueraient à déshonorer l'un des dix commandements. «Nous intervenons immédiatement!», promet Jean-Claude Volot.
En cas de conflit avec un fournisseur ou un donneur d'ordres, l'entreprise peut faire appel à la médiation. Mais trop peu osent encore franchir le cap dans la région.