Medef : Une élection pour rapprocher les camps ?
# Conjoncture

Medef : Une élection pour rapprocher les camps ?

Prévue le 3 juillet prochain, l'élection du successeur de Laurence Parisot suscite des attentes de changements et d'évolutions dans les Medef territoriaux de Seine-Maritime.

Yves Kerouedan, président du Medef Rouen-Dieppe.


Quels candidats vous semblent les plus aptes à prendre la tête du Medef ?


Il y a trois candidats principaux : Geoffroy Roux de Bézieux, Pierre Gattaz et Patrick Bernasconi. Ils ont tous des programmes pour défendre les entrepreneurs français. Aujourd'hui, beaucoup de signaux prouvent que nous sommes à la croisée des chemins : l'élection tombe bien.
Qu'attendez-vous de l'élection du nouveau président ?
Il y a un inconvénient pour le Medef : il pâtit d'une image négative
dans l'opinion car il représente le patronat. Alors que notre seul objectif est de favoriser l'entreprise France ! Et je rappelle que 80 % des adhérents au Medef sont des PME. Ce que j'attends des candidats, c'est de savoir quelles seront leurs types de relations avec les autorités et les syndicats. Moi, je veux un Medef qui défend les intérêts des entreprises françaises mais, en coopération avec le gouvernement et les autres syndicats. Je suis convaincu que ce n'est pas en étant trop agressif qu'on obtient des résultats. Ce qu'il faut, c'est d'abord défendre son point de vue puis, essayer d'aboutir à des compromis à travers les négociations.
Quels sont les combats à mener ?
Tout est dans les rapports qui ont déjà été rendus. Baisse des dépenses publiques, réforme des territoires, éléments sociaux avec les rapports Attali et Gallois, moralisation de la vie publique avec le rapport Jospin... Il suffirait d'appliquer ce qui existe déjà dans toutes ces propositions. Ce qu'il faut, c'est du temps, de la pédagogie et de l'équité. Je prends un exemple sur l'aspect fiscal : les entreprises ont besoin d'avoir la même politique pendant au moins cinq ans, pas d'un changement tous les ans. Il faut de la constance dans les décisions politiques.
Quelles retombées locales attendez-vous de l'élection ? Quel modèle territorial ?
Le Medef est un mélange de fédérations et d'organisations territoriales.
A Rouen-Dieppe, qui représente 75 % de la Seine-Maritime, nous avons dix grandes fédérations adhérentes (Bâtiment, Métallurgie, Assurances, ports... Ndlr) et une centaine d'entreprises privées. Il faut que les fédérations et les Medef territoriaux soient complémentaires et solidaires. Les Medef territoriaux doivent mener une politique de proximité et pour cela, la bonne mesure c'est le département. Il y en a trois en Seine-Maritime. Il serait raisonnable qu'au moins, nous commencions à mettre en place des moyens communs : permanents, réunions...
Le Medef du Havre prône la régionalisation...
Le Medef havrais mène une politique respectable et les deux niveaux sont indispensables : département et région. S'il n'y avait qu'un seul Medef régional, cela poserait un problème de proximité. Il faut des Medef territoriaux départementaux pour rester proche des adhérents et conserver notre crédibilité. Je souligne un premier progrès : les cinq Medef territoriaux normands se sont accordés pour rencontrer ensemble les candidats à la présidence du Medef. Je souhaite que cette élection permette d'ouvrir les négociations entre les trois Medef territoriaux de Seine-Maritime avec l'appui du Medef de Haute-Normandie.

Entretien Sébastien Colle

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