Comment percevez-vous le projet de loi de la ministre du Travail, Myriam El Khomri ?
Si le texte n'est pas totalement dénaturé par des députés frondeurs du PS, cela peut-être une réforme unique dans l'histoire du droit du travail en France. Il faut absolument prendre des mesures face à ce cancer du chômage qui ronge notre société, notamment chez les jeunes. Ce projet va vraiment dans le bon sens. Et, au Medef, en temps voulu et en fonction des textes qui seront proposés par le Gouvernement nous ferons une action spécifique. Nous serons vigilants à ce que l'ensemble des députés votent ce texte. On ne peut plus se permettre les petits calculs politiques, les enjeux sont trop importants. Il semble que l'on ait enfin une équipe politique qui a du courage, donc nous les soutiendrons, s'ils vont jusqu'au bout.
Ces propositions vous semblent-elles suffisantes ?
Ce projet de loi va dans le bon sens mais ce n'est qu'une partie du chemin à accomplir. Il faudrait au moins quatre à cinq réformes de cette ampleur. Et puis, ce texte ne règle pas toutes les problématiques, comme par exemple celle des seuils qui reste considérable. Et puis, le pacte de compétitivité et le CICE, c'est bien, mais cela permet seulement de revenir au niveau de taxation de 2010. Nous ne sommes pas encore compétitifs.
Que faudrait-il faire pour plus de compétitivité ?
On constate aujourd'hui que 70% des chefs d'entreprises ont peur d'embaucher ! Et que 90% des contrats de travail sont signés en CDD. Cela montre l'ampleur de la frilosité des entrepreneurs. Alors qu'en face, on a des partenaires comme l'Allemagne qui affichent un taux de chômage à 4,5% et des pays comme l'Espagne ou l'Italie qui ont su faire des réformes profondes pour créer des milliers d'emplois mois après mois. Pourquoi sommes-nous le mauvais élève de la classe ? A un moment, le Gouvernement doit être plus dans la culture du résultat et arrêter d'être dans des idées passéistes des années 60. Il faut regarder ce qui se fait chez nos voisins et avancer !