Medef : L'organisation patronale planche sur sa régionalisation
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Medef : L'organisation patronale planche sur sa régionalisation

Des réflexions sont en cours entre les différentes entités du Medef des Pays de Loire. Elles visent à renforcer l'échelon régional du syndicat patronal.

C'est l'un des derniers gros chantiers de Bruno Lucas, le président du Medef des Pays de la Loire, dont le mandat prend fin à la fin 2013. À cette date, le dirigeant mayennais espère réussir à faire muer l'organisation patronale, en conférant davantage de poids à son échelon régional. «Une nécessité», pour ce dirigeant du BTP, au vu l'évolution de l'environnement. D'une part, les CCI se sont déjà régionalisées, tandis qu'avec l'acte 3 de la décentralisation, les conseils régionaux vont prendre de plus en plus de place en matière de développement économique, comme le montrent les différentes annonces gouvernementales à propos de la future Banque publique d'investissement. D'autre part, «nous constatons une demande croissante de soutien juridique, économique, etc., de la part de nos adhérents. Et les moyens de nos Medef territoriaux (NDLR: un par département, sauf dans le Maine-et-Loire où existent deux organisations à Angers et Cholet) sont limités sur le plan humain et financier», explique Bruno Lucas. Est-ce à dire que les six Medef territoriaux sont amenés à disparaître au profit d'une superstructure régionale? «Surtout pas. L'échelon territorial est extrêmement important pour garder une proximité avec les entreprises», appuie Bruno Lucas. De fusion, de toutes les façons, les Medef territoriaux n'en veulent pas. Y compris dans le Maine-et-Loire où Jean-Christophe Branger, président du Medef Choletais, balaie d'un revers de la main l'éventualité d'un rapprochement avec l'organisation angevine. «Il n'y a pas grand-chose à mutualiser entre Angers et nous. On a une identité, on y est attaché, les patrons le sontaussi», assure t-il, tout en reconnaissant que «le Medef régional a besoin d'être un interlocuteur de taille avec nos élus».




Indépendance locale

Voici tout l'enjeu de l'actuelle réforme du Medef dans les Pays de la Loire. Être plus fort régionalement, tout «en ne remettant pas en cause l'indépendance farouche de l'échelon territorial», appuie le Vendéen Phillippe Bellante. Ce débat, qui «ne suit pas toujours le cours d'un long fleuve tranquille», selon Bruno Lucas, les patrons régionaux l'ont déjà eu il y a quelques années avec la réforme de la CCI. Conscient de l'enjeu, le président régional assure que «les Medef territoriaux resteront très puissants». Et cherche à rassurer: «Pour beaucoup de sujets, il y a déjà une concertation entre nous. Ce qui va changer, c'est l'importance et le nombre de dossiers qui vont être traités régionalement». Les Medef territoriaux semblent également favorables à l'idée de mutualiser une partie de leurs services. «Il s'agit d'être plus efficace en optimisant l'utilisation du personnel, des outils et des compétences», explique le Sarthois Stéphane Galibert. Sur la vingtaine de salariés employés par les différents Medef, une demi-douzaine pourrait rejoindre l'échelon régional. Mais, là encore, Bruno Lucas se défend de toute tentation centralisatrice: «Cela ne sera pas forcément à Nantes. D'ailleurs, ces personnes ne seront pas forcément dans les mêmes bureaux». Suite à un rapport de Deloitte remis en septembre, les bases de la réorganisation du Medef sont jetées. Elles devraient se concrétiser dans les 18 prochains mois.

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