Pas de cérémonie des voeux lisse et policée pour Jean-Marc Devise, président du Medef Artois depuis quelques mois.
Baisse des recettes des collectivités
Le ton est donné: l'élu pointe du doigt les réalités économiques du territoire. «On sent une crainte de l'ensemble des acteurs économiques sur les moyens qu'auront les collectivités pour investir. Je souhaite qu'elles aient plus de projets profitables au monde économique: aménagement de zones industrielles, de moyens de communication, de flux numériques, etc.» Il pointe clairement du doigt une situation de «courses aux recettes en direct», évoquant notamment la taxe locale sur les publicités extérieures. Mais c'est surtout la taxe transports qui fait grincer des dents au sein du Medef Artois même si à l'image de son président, l'idée n'est pas de contester le fait de la payer. Attentif aux besoins en réseaux de transports et accès pour les salariés des entreprises, il pointe du doigt la situation existante dans le bassin minier qui porte un projet de tram-train. «Le taux pour la taxe transports est passé de 1,2 à 1, 8% de la masse salariale des entreprises de plus de dix salariés établies sur ce périmètre. Depuis 2008, on assiste à un hold-up à 20millions d'euros par le syndicat mixte des transports du bassin minier.» Ajoutant que le premier coût de pioche pour ce projet devrait être donné d'ici à juillet2013, l'élu n'exclut pas de demander le remboursement de cette somme, ainsi qu'un passage à un taux inférieur à celui pratiqué actuellement. Le chef de file du Medef Artois s'inquiète également de savoir ce qui se passerait sur le territoire de la communauté urbaine d'Arras qui, dépassant les 100.000 habitants, pourrait prétendre passer de 0,6 à 0,9% voire 1,2% de la masse salariale.
Lutter contre l'attentisme
Le dirigeant d'Uniject à Bapaume et co-dirigeant d'Arras Maxéi regarde aussi avec attention les perspectives de 2012. «L'année sera sans doute dans la même veine que 2011. Il y a de l'activité mais il faut afficher du dynamisme et ne pas tomber dans de l'attentisme.»
Élu à la tête du Medef Artois à la suite d'Elie Buscot, Jean-Marc Devise milite pour un plus grand dialogue entre les collectivités locales et les entreprises du territoire.