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Médaille d’or au concours Lépine 2024, Filtralife rend l’eau potable sans électricité ni produit chimique
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Médaille d’or au concours Lépine 2024, Filtralife rend l’eau potable sans électricité ni produit chimique

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La start-up Filtralife a développé une machine filtrante capable de transformer l’eau polluée en eau potable. La jeune entreprise vise principalement les pays ayant des difficultés d’accès à l’eau. Elle est aussi en train de développer une version miniaturisée destinée aux particuliers.

Auguste Minot, co-fondateur de la société Filtralife, présente son dispositif de filtration d’eau — Photo : Filtralife

Une promesse aussi simple que son procédé. La start-up Filtralife, qui regroupe une quinzaine de personnes (dont deux salariés cofondateurs) et basée à Valence-en-Poitou (Vienne) a décroché en juin la médaille d’or du prestigieux concours Lépine. Son concept est né il y a "un peu plus de deux ans, raconte Auguste Minot, fils de l’ingénieur Paul Minot, à l’origine de l’invention. On travaillait sur un projet immobilier et on voulait récupérer nos eaux de pluie. Après les avoir récoltées, nous nous sommes rendu compte que l’eau était plutôt claire et qu’en la filtrant un peu plus, on pourrait potentiellement la rendre potable."

Une innovation commercialisée depuis 2023

Paul Minot est le créateur de Corporate Distribution Diversity, grossiste en matériel télécoms très présent à l’export (plus de 80 pays) dont Filtralife se sert pour développer son réseau à l’international. Jusqu’à présent, la start-up s’est entièrement autofinancée et a mobilisé "plusieurs centaines de milliers d’euros" de recherche et développement sur sa machine, dont la commercialisation a débuté en septembre 2023.

Une technologie de pointe

Mesurant 1,49 m de haut et pesant 80 kg, la machine transforme les eaux de surface naturelles (à l’exception de l’eau de mer) en eau potable, le tout sans électricité ni produit chimique, "jusqu’à 1 000 litres par heure. On verse l’eau - issue de lacs, étangs, rivières, fleuves, eaux de pluie ou de forages - dans un réservoir de 121 litres situé au-dessus de la machine. Ensuite, on active une manivelle ou pompe semi-rotative, qui va pousser l’eau dans notre système composé d’un assemblage de plusieurs filtres, dont un à remplacer tous les 2 à 4 ans et issu d’industries de pointe (notamment l’aérospatial et la nanotechnologie)", poursuit, le porte-parole de Filtralife, sans en dévoiler trop.

"La porosité de 0,001 micron permet de bloquer toutes les bactéries, virus et pesticides, et même les métaux lourds", à raison de 15 litres par minute, ajoute Auguste Minot.

Efficacité prouvée et premiers clients

Filtralife a déjà fourni des preuves de son fonctionnement, notamment en réalisant une "analyse à spectre large sur un échantillon issu de la Marne. Nous avons obtenu une eau potable correspondant aux normes de Santé Publique France", précise Auguste Minot, ajoutant que les analyses ont été réalisées par le laboratoire poitevin Ianesco.

Filtralife cible des clients spécifiques : gouvernements, armées, ONG ou multinationales aux enjeux RSE. "Nous voulons cibler les populations vivant dans des pays en développement en Afrique, en Amérique du Sud ou en Asie, qui ont un accès compliqué à l’électricité, à la maintenance ou à toute forme d’installation".

Signe d’un certain intérêt, la start-up a signé récemment un premier client, "une entreprise en Polynésie française" où elle devrait installer les premiers dispositifs cet été. "Nous avons aussi des touches en Amérique du Sud, au Pérou et en Afrique", poursuit Auguste Mino, révélant un prix plancher de 6 900 € hors taxe pour sa machine.

Vers une machine miniaturisée

Filtralife devrait aussi commercialiser dans quelques semaines une machine miniaturisée, destinée aux particuliers et aux entreprises, "pour tester ce marché sur lequel nous avons eu beaucoup de demandes". Pour 1 500 à 2000 euros, la machine de 90 centimètres de long, 60 de haut et 40 de large se branche "directement sur l’arrivée d’eau de la maison, sans avoir besoin de pomper".

Si son siège est bien à Valence-en-Poitou, Filtralife dispose déjà d’un lieu de fabrication néoaquitain, non dévoilé. Elle espère monter rapidement un réseau de distribution français pour sa machine miniaturisée et créer 5 à 10 emplois entre 2024 et 2025.

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