«Nous devions entrer en bourse au début de l'année 2008 mais avec la crise nous y avons renoncé et choisi de faire appel à Midi Capital pour renforcer notre présence à l'international», explique Jean Zekri. Sur les 3M€ levés (auprès de Midi Capital), la moitié a pris la forme d'une augmentation de capital et l'autre d'obligations convertibles. La société d'investissement toulousaine rentre à hauteur d'environ 4% dans le capital de Mécamidi, jusqu'alors détenu majoritairement par Jean Zekri, actuel dirigeant du groupe. Historiquement, le coeur de métier de Mécamidi est la fabrication de turbines hydrauliques à destination des centrales de petite et moyenne taille (d'une puissance inférieure à 30 mégawatts). Dotée d'usines de production en France, en Italie et en Inde, Mécamidi vient d'acquérir un site au Brésil, grâce à l'opération de capital-développement de Midi Capital. Présent commercialement dans plus de 80 pays, le groupe compte se doter d'une quinzaine d'usines de production dans le monde, dont une en cours d'acquisition en Chine.
De la fabrication à l'exploitation
Depuis une quinzaine d'années, le groupe offre également une prestation globale «clés en main» comprenant l'étude en amont, la conception, la fabrication et l'installation de l'ensemble des équipements nécessaires au fonctionnement d'une centrale hydroélectrique. À partir de 2000 et ce jusqu'en 2004, Mécamidi a investi dans la construction, le rachat et la rénovation de centrales hydroélectriques en Europe de l'Est notamment. Présent à tous les stades de la construction d'une centrale hydroélectrique, le groupe en est venu naturellement à assumer le rôle d'exploitant, uniquement à l'étranger. Jusqu'en 2006, Mécamidi a exploité 150 mégawatts dans une dizaine de centrales situées en Europe et en Asie centrale, avant de revendre ses parts à son co-investisseur, EDF Énergies Nouvelles. «Aujourd'hui, nous voulons constituer un parc de centrales hydroélectriques qui produiront 1.000 à 2.000 mégawatts», explique Jean Zekri. Le groupe adoptera deux façons de faire: soit une prise de participation dans des projets existants soit la rénovation ou la construction de centrales. «Un investissement d'un milliard d'euros est prévu sur les 4-5 ans à venir et nous envisageons de prendre des participations dans une centaine de centrales dans le monde», poursuit Jean Zekri. De nombreux accords de principe ont déjà été signés en Asie (Laos, Vietnam, Thaïlande,etc.) ou en Amérique du Sud. Reste encore à réaliser les études complémentaires pour estimer les investissements nécessaires. Pour se donner les moyens de ses ambitions, Mécamidi envisage de lever 12 à 15M€ d'ici à la fin de l'année. Deux ou trois investisseurs nationaux devraient être sollicités. Marie Lepesant
Créé en 1860 à Toulouse, Mécamidi, à la fois fabricant de turbines hydrauliques, constructeur et exploitant de centrales hydroélectriques de petite et moyenne puissance, fait pour la première fois appel à un investisseur institutionnel pour renforcer sa présence à l'international.