Mazars : Renforcer l'équipe et créer de nouveaux besoins

Mazars : Renforcer l'équipe et créer de nouveaux besoins

AUDIT. Le cabinet d'expertise-comptable embauche 50 nouveaux experts. Une croissance qui répond à une stratégie : élargir l'offre pour maintenir son rang.

« Le secteur du chiffre est en pleine mutation, il n'a jamais connu de remise en cause aussi forte. » Frédéric Maurel, associé et responsable du bureau Mazars Rhône-Alpes, a anticipé l'évolution de la demande il y a cinq ans. « Dans une conjoncture bousculée depuis 2008, les entreprises ont fortement accru leur niveau d'exigence à l'égard de leur expert-comptable. Elles veulent un regard, un avis éclairé, une expertise. Et pour le même prix. » Comprenant que la relation client allait devenir encore plus cruciale, parallèlement à une exigence d'hyperspécialisation des profils intervenant dans l'entreprise, ce patron a su trouver le réglage idoine puisqu'il intègre dans ses bureaux qui font face au Parc de la Tête d'Or environ 50 nouveaux salariés, dont quinze experts (juristes, fiscalistes, avocats...).




Exactitude et fiabilité

Le cabinet atteindra 270 collaborateurs et 31 millions d'euros de chiffre d'affaires, soit une progression de 10 % sur les deux derniers exercices. Le résultat d'une stratégie « à la fois défensive et offensive ». Défensive car pour conserver les marges et honoraires de l'audit (5 % du chiffre d'affaires), il a complété petit à petit l'équipe des auditeurs par des experts en système d'information, fiscalité, social, etc. Et stratégie offensive en « apportant de la valeur ajoutée à sa prestation et en créant le besoin ». « Tous les cabinets s'y mettent tempère cette expert-comptable qui officie dans une structure plus modeste. Le chef d'entreprise aujourd'hui attend d'un cabinet qu'il gère toutes ses problématiques. En ce sens, la stratégie de Mazars n'est pas d'une grande originalité. Ce qui l'est plus c'est de parvenir à intégrer ces métiers. »




Mutation réglementaire

La difficulté est là : garantir la fiabilité du travail réalisé par l'avocat, le fiscaliste, etc. Il faut donc des équipes en back-office pour s'en assurer. « Là où des cabinets importants vont réussir cette intégration, les petits auront plus de mal », pronostique cette spécialiste. La mutation réglementaire et concurrentielle de ce secteur devrait entraîner d'énormes mouvements de concentration, entre cabinets, mais aussi entre les professions du droit et du chiffre. Les indépendants eux, risquent de ne pas résister à la bourrasque.

Mazars



(Lyon) Responsable associé : Frédéric Maurel 270 salariés CA 2013 : 31 M€ 04 26 84 52 69 www.mazars.fr