Quel est le poids des commerçants dans la fiscalité de la métropole ?
Les commerçants sont de gros pourvoyeurs de taxes. Nous finançons une partie du budget de la métropole. Nous sommes aussi le plus gros employeur avec plus de 10.000 salariés sur Rouen.
Les taxes prélevées vous semblent-elles bien utilisées ?
Ce qui est sûr, c'est que la fiscalité est trop lourde. Pour être franc, on s'en passerait tous. D'un autre côté, lorsque la métropole dépense des millions pour refaire les rues, cela profite aussi au commerce. Ce que nous souhaitons, c'est une meilleure affectation des taxes prélevées. Ainsi, pour la taxe sur les enseignes, nous avions demandé à ce que son montant soit affecté à des actions de valorisation du commerce comme de la communication ou de l'équipement. Qu'on tente de rapprocher les taxes et les gens qui les paient. La réponse, c'est que lorsque vous payez une taxe, celle-ci tombe dans un pot commun et vous n'avez pas le droit de l'affecter à quelque chose en particulier. C'est pourquoi, nous proposons qu'une partie des taxes versées par les commerçants puisse alimenter indirectement un Office du commerce qui pourrait favoriser la mise en place d'outils pour le développement du commerce.
Pourquoi un tel outil ?
Nous pensons qu'il est légitime de contribuer au développement de la cité mais en face, les mesures pour le développement du commerce doivent être aussi importantes que les efforts consentis par les commerçants. Surtout dans une période difficile où les résultats baissent et les banques se montrent plus difficiles. Nous souhaitons donc une vraie politique de la métropole pour le commerce. L'Office du commerce fait déjà consensus entre les commerçants et la CCI, c'est un outil commun qui peut devenir important pour la promotion du commerce. J'invite la métropole à se pencher dessus car l'emploi et le commerce font partie de ses prérogatives. Les commerçants sont parfois en première ligne pour les problèmes de déchets, de sécurité ou autres. On voudrait pouvoir parler de tout ça avec la métropole. On paye des taxes, c'est normal, mais en retour y a-t-il les mêmes efforts fait par la métropole en matière de signalétique, d'éclairage... Cela mérite d'être discuté.
Qu'est-ce que l'Office du Commerce ?
Favoriser la discussion, la concertation, c'est l'objectif de la création de l'Office du commerce. Une maison commune crée sous l'égide de la mairie de Rouen à laquelle s'associent la CCI, la Chambre des métiers, l'Office du tourisme, les association de commerçants, les associations spécialisées (hôteliers, restaurateurs... Ndlr). L'Office du tourisme dépendant de la métropole, des liens peuvent donc être créés avec elle aussi. Nous mettons en placer les réunions de préfiguration pour un lancement début 2016. Ce sera un endroit pour discuter d'actions concertées en faveur du commerce comme la coordination des calendriers des événements pour que chaque semaine puisse accueillir une animation et ne pas tout mettre en même temps par exemple. Autre utilité, réaliser une communication concertée entre les acteurs avec l'idée de mutualiser, de créer une plateforme commune. La création d'une carte de fidélité pour les commerçants, vendue aux clients, et prévue dans le plan Fisac2 pourrait être une source de financement de cet Office du commerce. L'objectif n'est pas de créer une usine à gaz ni de créer un nouveau poste de dépense, simplement de s'insérer dans ce qui existe déjà.
Entretien Sébastien Colle
Président de l'association de commerçants Les Vitrines de Rouen et patron de la librairie L'Armitière, Matthieu de Montchalin souhaite une meilleure utilisation des taxes prélevées et fait la promotion du futur Office du commerce auquel il travaille.